Interviews D'Oda.

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Interviews D'Oda.

Message par SRZ le Jeu 16 Sep - 18:09

Voici l'interview qui a eu lieu entre l'auteur du légendaire Dragon ball Z ( Akira Toriyama ) et l'auteur du cultisme One Piece ( Eiichiro Oda ), bien sur l'interview date, mais j'me suis dis que peut être sa intéresserait quelqu'un de la lire =p.

Akira Toriyama :



Eiichiro Oda :




1-M.Oda, pouvez-vous commencer par nous dire ce que représente Maître Toriyama pour vous ?

Spoiler:
Oda : C’est simple, pour moi c’est un dieu. Il appartient à une autre dimension. Il dessine vraiment trop bien.


Toriyama : Ca y est, je me sens déjà mal à l’aise. (Rires)


Oda : Pour tout vous dire, je ne lisais pas Dr Slump. C’est avec le deuxième épisode de Dragon Ball que je vous ai découvert et que j’ai eu le coup de foudre. J’adorais Disney et franchement, je vous ai trouvé encore meilleur. Vous vous souvenez de LanFan (Voir l'image) qui apparaît dans le tournoi des arts martiaux ?


Toriyama : Ah oui, oui , je m’en rappelle !


Oda : Je vous ai demandé si vous vous en souveniez car je crois savoir que vous oubliez bon nombre de vos personnages. (Rires) Pour en revenir à LanFan, il y a un passage où elle se déshabille et je me rappelle avoir été époustouflé par ses aisselles. Je n’avais encore jamais vu personne dessiner aussi bien les dessous de bras. Idem pour les mains de Tao Paï Paï (Voir l'image).


Toriyama : Tao Paï Paï… ? On part dans les personnages mineurs, là.


Oda : Pas du tout ! C’est une star, Pao Paï Paï !


Toriyama : Le type avec la tresse ?


Oda : Oui, voilà, le tueur qui démolit les piliers et qui s’envole dessus.


Toriyama : Ah oui, ça me revient.


Oda : J’étais ébloui par la qualité du dessin de ses mains quand il prend sa pause d’attaque. Du coup, je n’arrêtais plus de dessiner des mains. Ca et les aisselles de LanFan, voilà les deux choses qui m’ont le plus marqué dans Dragon Ball.


Toriyama : Dans cette série plus ça allait, plus il y avait de personnages athlétiques, n’est-ce pas ? Mon grand regret, c’est de ne pas avoir étudié un peu plus l’anatomie pour mieux rendre le modelé de leur musculature.


Oda : Rassurez-vous, la musculature de vos personnages était toujours excellente ! Et c’est un grand lecteur de Muscle Man3 qui vous le dit !


Toriyama : A trop privilégier les apparences, c’est tout de même devenu un peu n’importe quoi.


Oda : Mais non, c’est parfait comme ça, je vous assure. Même vos personnages féminins sont plutôt musclés, n’est-ce pas ? Je trouve que ça leur confère une certaine sensualité.


Toriyama : C’est uniquement parce que je suis maladroit pour dessiner les femmes. (Rires gênés)


Oda : Ce que j’aime beaucoup aussi, ce sont vos mécha.


Toriyama : Ce n’est que du bricolage, mais quand je dessine un mécha, je réfléchis à son mécanisme, à son mode de propulsion, à l’emplacement du réservoir de carburant, ce genre de choses.


Oda : C’est ça qui fait toute la différence. On ne pense pas à ce genre de choses, habituellement. Moi, je ne comprends rien à la mécanique, c’est pour ça que je ne sais pas dessiner les mécha.


Toriyama : Même pour la plus improbable des machines, et même si en théorie, c’est complètement abracadabrant, j’essai toujours de déterminer les éléments pratiques. Comment monte-t-on à bord, par exemple


Oda : C’est vrai que pour la forme elle-même, la vraisemblance n’est pas vraiment primordiale.


Toriyama : Le truc avec les mécha, c’est que les dessiner pour une illustration, ça va, mais les intégrer dans l’histoire, c’est une autre affaire. Il vaut mieux y réfléchir à deux fois car après, c’est une plaie de les redessiner encore et encore.


Oda : Les animer aussi, ce n’est pas mince affaire. Ca me fait penser au mécha de Pilaf qui fusionne avec celui de ses acolytes (Voir l'image)


Toriyama : ???


Oda : Mais si. J’avais trouvé ça terrible. A deux, ça faisait une autruche.


Toriyama : Ah bon ? C’étaient des véhicules ?


Oda : Oui.


Toriyama : Ca me dit vaguement quelque chose.


Oda : Pourtant, vous aviez pensé à tout.


Toriyama : Je me surprends moi-même.


Oda : Eh oui !

2-Pouvez-vous nous dire de laquelle de vos illustrations respectives vous êtes le plus fier ?


Spoiler:
Toriyama : Mon illustration préférée ? Ouh là…


Oda : Moi, je sais. Vous ne vous souvenez sûrement plus, mais je l’ai lu quelque part.


Toriyama : Ah bon ?


Oda : Oui, dans une interview.


Toriyama : C’est celle-ci ?


Oda : Gagné ! (Rires) Vous disiez que c’est la seule que vous
aimez. Je me suis même demandé ce qui vous déplaisait tant chez les
autres.


Toriyama : Oui, c’est exact, je me souviens de cette interview. Mais aujourd’hui, je me demande bien pourquoi j’ai dit ça.


Oda : (Mort de rire)


Toriyama : Ca doit être la couleur de l’arrière-plan qui me plaisait bien.


Oda : A l’époque, vous disiez que c’était le déséquilibre du véhicule.


Toriyama : Je devais sûrement être content de moi, non ?


Oda : Ca, je ne peux pas répondre à votre place. (Rires)


Toriyama : Et vous, quel est le dessin dont vous êtes le plus content ?


Oda : Mon dessin préféré… Je crois que c’est ce poster que
j’avais fait pour Jump où l’on voit Luffy et la bande assis sur un ours
blanc. J’en suis très satisfait, de celui-là.


Toriyama : Wow ! Vous l’avez fait en taille réelle ?


Oda : J’ai essayé de rester le plus près possible de la taille réelle. Je l’ai fait sur deux feuilles collées.


Toriyama : Tiens donc !


Oda : Au départ, c’est comme ça que je faisais pour toutes mes
illustrations double-page. Jusqu’à ce que je réalise qu’il me suffisait
d’utiliser une feuille de format A3.


Toriyama : Quel dessinateur studieux ! (Rires) Mais c’est vrai qu’au départ, on ne connaît pas les ficelles du métier.


Oda : Effectivement, on avance par tâtonnements.


Toriyama : Moi, quand j’ai fait mes débuts, je dessinais toutes les onomatopées à la règle ! (Rires)


3-Pour vous, M.Oda, quelle est la meilleure illustration de maître Toriyama?


Spoiler:
Oda : J’aime beaucoup la couverture du tome 2 de Dragon Ball . Elle est très classe avec ses tons sobres.


Toriyama : Je l’ai dessinée sur un papier coloré, celle-ci.
C’était mon truc à ce moment-là. Elle fait partie de la série
d’illustrations en couleur que j’ai réalisées cinq semaines d’affilée4.


Oda : Quoi ?! Des illustrations en couleur cinq semaines c*nsécutives ?!


Toriyama : Torishima-san m’y avait forcé. Méfiez-vous de lui, c’est un individu dangereux ! (Rires)


Oda : Je n’ose même pas imaginer ! Déjà que j’ai du mal quand il faut faire de semaines de suite…


Toriyama : Qu’est-ce que vous aimez dans ce dessin ?


Oda : Je trouve formidable cette sérénité dans le mouvement. Et puis il en émane une atmosphère vraiment spéciale que j’adore.


4-Vous avez tous les deux réalisé d’innombrables dessins. Quelles sont les planches qui vous ont posé le plus de problèmes ?

Spoiler:
Toriyama : Pour moi, le plus dur c’est de dessiner des choses
qui existent réellement,
une voiture ou un char, par exemple. L’erreur n’est pas permise. Quand
je suis en panne d’inspiration, il m’arrive de dessiner des objets du
réel, mais en fin de compte, ça demande plus de temps.


Oda : Ca doit être l’enfer pour ceux qui dessinent des histoires dans un univers contemporain.


Toriyama : Ca ne fais pas de doute. Sur cette illustration, j’ai dessiné une vraie moto. Ce que j’en ai bavé… Non, les objets réels, c’est trop compliqué.


Oda : Ce n’est pas votre fort, quoi. (Rires)


Toriyama : Et vous, qu’est-ce qui vous donne du mal ?


Oda : Moi, en fin de compte, j’aime dessiner tout et n’importe
quoi. Une fois que je suis plongé dedans, je m’amuse. Lorsque je suis
en retard et que mon assistant éditorial vient prendre mes planches, il
arrive souvent qu’en réalité j’aie encore envie de travailler dessus.


Toriyama : Bravo ! Je crois que c’est là que nous différons radicalement. Je vous envie un peu.

5-Parlons à présent des personnages. Dites-nous quel est votre personnage préféré parmi tous ceux que vous avez crées.


Spoiler:
Toriyama : Pour ma part, c’est sans doute Piccolo.
C’est le premier de mes personnages avec une tête de vilain que j’ai
trouvé vraiment classe. Un méchant qui se repent et qui devient gentil,
c’est classique, mais c’est si bon à dessiner !


Oda : Oui, et puis c’est tout aussi plaisant pour le lecteur. Même s’il se doute de ce qui va arriver.


Toriyama : Et vous, alors, quel est votre personnage favori ?


Oda : Mmh… J’aime beaucoup Luffy, bien sûr. Mais mon préféré, c’est Gaimon.
Un type coincé depuis vingt ans dans un coffre, c’est une situation
assez dingue quand même. Je ne sais pas si j’arriverais à imaginer
mieux un jour.


Toriyama : Comment vous est venue cette idée ?


Oda : Au départ, j’avais pensé à un tonneau. Mais je ne me souviens plus trop comment j’en suis arrivé là. (Rires)


Toriyama : Vous êtes du genre à bien planifier les caractéristiques de vos personnages ?


Oda : Non, je fonctionne à l’inspiration du moment. C’est très
important, je trouve. Je commence par griffonner mes nouveaux perso, et
puis je leur écris quelques répliques, comme ça, naturellement, sans
réfléchir. En général, ça marche, ces premiers mots déterminent le
personnage.


Toriyama : Ah, je comprends tout à fait ça.


Oda : En fait, c’est en réfléchissant à ce qu’il pourrait dire que je c*nçois le perso.


Toriyama : Exactement ! Notre enthousiasme n’est pas le même, mais nos idées se ressemblent !


Oda : C’est vrai ?! (Tout content) Vous me flattez, là !


Toriyama : Est-ce que toutes ces idées dont les lecteurs
raffolent vous viennent naturellement, ou bien est-ce que vous cherchez
à plaire.


Oda : Il y a un peu des deux.


Toriyama : Si vous dessinez sans chercher du tout à plaire, pensez-vous que le résultat serait différent ?


Oda : Peut-être bien, mais ce que j’aime, c’est faire quelque chose que les gens aiment.


Toriyama : Encore un point que nous avons en commun.


Oda : Comme je rêvais depuis tout petit de devenir mangaka, je
réfléchissais déjà, alors que je n’était qu’un lecteur, à ce que je
dessinerai. J’ai donc en moi un stock d’idées assez important et
naturellement, je cherche à faire plaisir à ceux qui lisent mes
histoires. Malheureusement, je n’ai sans doute plus les mêmes goûts que
les jeunes aujourd’hui, mais j’essaie toujours de faire des choses que
moi-même, j’aurais pris du bonheur à lire quand j’étais enfant.


Toriyama : C’est très important de conserver cette attitude, d’essayer de se remettre dans la peau d’un petit garçon.


Oda : Tout à fait. C’est pourquoi je ne tiens pas compte des
statistiques et des études. Si je me dis qu’une idée m’aurait plu
lorsque j’étais enfant, alors je peux l’intégrer à mon histoire en
toute confiance.

6-Quels éléments avez-vous privilégiés en créant Luffy ?


Spoiler:
Oda : La bravoure, sans conteste. Dragon Ball est un condensé de
tout ce dont raffolent les enfants. Il me fallait un axe central un peu
différent pour me distinguer.


Toriyama : Mais l’aventure tient bien la route. C’est que c’est
délicat de mener un tel road movie. Moi, j’aime bien cette ambiance
virile.


Oda : Exactement. Des fois, on trouve ça un peu too much, mais en fin de compte, on aime tous ça.


Toriyama : C’est vrai que moi-même, en dessinant, il m’arrive de trouver d’en faire un peu trop.


Oda : Mais les gens sont contents.


Toriyama : Alors on remet ça.


7-Pour finir, si vous voulez bien échanger un petit message d’encouragement…


Spoiler:
Oda : Je ne peux que vous dire de continuer à faire ce que vous
faites. Moi, du moment que vous dessinez, je suis ravi. Même si je
suppose que votre responsable éditorial doit vous encourager à
commencer une nouvelle série. (Rires)


Toriyama : Je ne peux, moi aussi, que vous souhaiter de
continuer sur votre grande lancée. Que pourrais-je ajouter ? Comme mes
enfants dévorent One Piece et ne parlent que de ça, j’ai lu la série
moi aussi et je comprends pourquoi tout le monde adore.



Source : http://www.accrotv.net/mangas-bd-comics-f3/interview-entre-eiichiro-oda-et-akira-toriyama-t292.htm
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Re: Interviews D'Oda.

Message par mugywaraluffy le Ven 17 Sep - 20:58

merci pour cette interview tres enrichissante
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Re: Interviews D'Oda.

Message par mugiwara54 le Ven 17 Sep - 21:02

merci pour l'interview
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Monkey D Glouton le Dim 26 Sep - 13:56

Sympa cet échange, SRZ !!
Ces 2 mangaka qui côtoient les sommets... mais restent simples ! Excellent
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Sunny le Dim 26 Sep - 14:18

Merci pour cette interview gg.
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Mr Killenk le Mer 29 Sep - 18:28

Merci pour l'interview
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Lioru95 le Jeu 30 Sep - 17:44

Super interressant comme interview. MERCI !!
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Small-D-Hamza le Ven 8 Oct - 23:46

merci pour l interviw
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Re: Interviews D'Oda.

Message par mugi059 le Sam 9 Oct - 0:56

merci pour cette interview avec ces 2 mangakas extraordinaires
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Interview D'oda.

Message par Aokiji' le Mer 9 Mar - 15:05

Un interview de Eiichiro Oda avec Takehiko Inoue celui qui à fait Vagabond. Il est en Anglais (il est sur un blog) par contre en 6 parties. J'ai commencé à le lire et il est vraiment bien.

La première partie : Lien Dead.

Et les autres vous les trouverez ici : Lien Dead.


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Re: Interviews D'Oda.

Message par riko le Mer 9 Mar - 15:30

merci
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Yorgal le Mer 9 Mar - 15:44

Oda est celui de droite ?
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Sanmido le Mer 9 Mar - 19:09

Oui, celui qui porte du gris/bleu foncé
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Sunny le Mer 9 Mar - 19:12

Merci pour les liens, Kiji'. Dommage que ce soit en Anglais mais bon, on fait avec ^^.

En tout cas, elle est cool l'interview d'Oda. Il est vraiment posé comme gars..
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Interview d'Eiichiro Oda

Message par Kizaru-chan le Sam 28 Mai - 11:19

Cette ITW a été réalisée lors de la sortie de Strong World
On apprend plein de choses et notamment.. que Oda sensei connait déjà la fin de One Piece...

J'ai trouvé aussi celle-ci, mais je ne sais pas quand elle a été réalisée... 2001 PS : merci Kefou Smile
Fa serait bien, qu'on réunisse toutes les ITW en un seul post, non? Comme ça plus besoin de chercher.. Cette idée 'est venue ce matin, car il est beaucoup question d'une fameuse ITW dans laquelle Oda aurait dit que le prochain nakama serait un "former boss"... Si vous avez un lien pour cette ITW ou une autre.. hésitez pas à le poster ici.

Il semblerait que la fameuse phrase, ait été prononcée par Oda lors du Jump Festa 2009. Phrase traduite sur AP forums par Greg. Il semblerait donc que l'"interview" n'existe pas.


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Re: Interviews D'Oda.

Message par Kefou le Sam 28 Mai - 11:34

Pour ton second lien, la page a été modifiée pour la dernière fois en novembre 2001...
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Raleygh 009 le Jeu 15 Nov - 22:58

Bon,J'Up un peu ce topic. Je mets les interviews des liens qui ne marchent plus sur les post d'au-dessus, et je rajoute quelques interviews, Bonne lecture. study

Interview d'Oda et de Toriyama:

1-M.Oda, pouvez-vous commencer par nous dire ce que représente Maître Toriyama pour vous ?

Oda : C’est simple, pour moi c’est un dieu. Il appartient à une autre dimension. Il dessine vraiment trop bien.

Toriyama : Ca y est, je me sens déjà mal à l’aise. (Rires)

Oda : Pour tout vous dire, je ne lisais pas Dr Slump. C’est avec le deuxième épisode de Dragon Ball que je vous ai découvert et que j’ai eu le coup de foudre. J’adorais Disney et franchement, je vous ai trouvé encore meilleur. Vous vous souvenez de LanFan (Voir l'image) qui apparaît dans le tournoi des arts martiaux ?

Toriyama : Ah oui, oui , je m’en rappelle !

Oda : Je vous ai demandé si vous vous en souveniez car je crois savoir que vous oubliez bon nombre de vos personnages. (Rires) Pour en revenir à LanFan, il y a un passage où elle se déshabille et je me rappelle avoir été époustouflé par ses aisselles. Je n’avais encore jamais vu personne dessiner aussi bien les dessous de bras. Idem pour les mains de Tao Paï Paï (Voir l'image).

Toriyama : Tao Paï Paï… ? On part dans les personnages mineurs, là.

Oda : Pas du tout ! C’est une star, Pao Paï Paï !

Toriyama : Le type avec la tresse ?

Oda : Oui, voilà, le tueur qui démolit les piliers et qui s’envole dessus.

Toriyama : Ah oui, ça me revient.

Oda : J’étais ébloui par la qualité du dessin de ses mains quand il prend sa pause d’attaque. Du coup, je n’arrêtais plus de dessiner des mains. Ca et les aisselles de LanFan, voilà les deux choses qui m’ont le plus marqué dans Dragon Ball.

Toriyama : Dans cette série plus ça allait, plus il y avait de personnages athlétiques, n’est-ce pas ? Mon grand regret, c’est de ne pas avoir étudié un peu plus l’anatomie pour mieux rendre le modelé de leur musculature.

Oda : Rassurez-vous, la musculature de vos personnages était toujours excellente ! Et c’est un grand lecteur de Muscle Man3 qui vous le dit !

Toriyama : A trop privilégier les apparences, c’est tout de même devenu un peu n’importe quoi.

Oda : Mais non, c’est parfait comme ça, je vous assure. Même vos personnages féminins sont plutôt musclés, n’est-ce pas ? Je trouve que ça leur confère une certaine sensualité.

Toriyama : C’est uniquement parce que je suis maladroit pour dessiner les femmes. (Rires gênés)

Oda : Ce que j’aime beaucoup aussi, ce sont vos mécha.

Toriyama : Ce n’est que du bricolage, mais quand je dessine un mécha, je réfléchis à son mécanisme, à son mode de propulsion, à l’emplacement du réservoir de carburant, ce genre de choses.

Oda : C’est ça qui fait toute la différence. On ne pense pas à ce genre de choses, habituellement. Moi, je ne comprends rien à la mécanique, c’est pour ça que je ne sais pas dessiner les mécha.

Toriyama : Même pour la plus improbable des machines, et même si en théorie, c’est complètement abracadabrant, j’essai toujours de déterminer les éléments pratiques. Comment monte-t-on à bord, par exemple

Oda : C’est vrai que pour la forme elle-même, la vraisemblance n’est pas vraiment primordiale.

Toriyama : Le truc avec les mécha, c’est que les dessiner pour une illustration, ça va, mais les intégrer dans l’histoire, c’est une autre affaire. Il vaut mieux y réfléchir à deux fois car après, c’est une plaie de les redessiner encore et encore.

Oda : Les animer aussi, ce n’est pas mince affaire. Ca me fait penser au mécha de Pilaf qui fusionne avec celui de ses acolytes (Voir l'image)

Toriyama : ???

Oda : Mais si. J’avais trouvé ça terrible. A deux, ça faisait une autruche.

Toriyama : Ah bon ? C’étaient des véhicules ?

Oda : Oui.

Toriyama : Ca me dit vaguement quelque chose.

Oda : Pourtant, vous aviez pensé à tout.

Toriyama : Je me surprends moi-même.

Oda : Eh oui !

2-Pouvez-vous nous dire de laquelle de vos illustrations respectives vous êtes le plus fier ?

Toriyama : Mon illustration préférée ? Ouh là…

Oda : Moi, je sais. Vous ne vous souvenez sûrement plus, mais je l’ai lu quelque part.
Toriyama : Ah bon ?

Oda : Oui, dans une interview.

Toriyama : C’est celle-ci ?

Oda : Gagné ! (Rires) Vous disiez que c’est la seule que vous
aimez. Je me suis même demandé ce qui vous déplaisait tant chez les
autres.

Toriyama : Oui, c’est exact, je me souviens de cette interview. Mais aujourd’hui, je me demande bien pourquoi j’ai dit ça.

Oda : (Mort de rire)

Toriyama : Ca doit être la couleur de l’arrière-plan qui me plaisait bien.

Oda : A l’époque, vous disiez que c’était le déséquilibre du véhicule.

Toriyama : Je devais sûrement être content de moi, non ?

Oda : Ca, je ne peux pas répondre à votre place. (Rires)

Toriyama : Et vous, quel est le dessin dont vous êtes le plus content ?

Oda : Mon dessin préféré… Je crois que c’est ce poster que
j’avais fait pour Jump où l’on voit Luffy et la bande assis sur un ours
blanc. J’en suis très satisfait, de celui-là.

Toriyama : Wow ! Vous l’avez fait en taille réelle ?

Oda : J’ai essayé de rester le plus près possible de la taille réelle. Je l’ai fait sur deux feuilles collées.

Toriyama : Tiens donc !

Oda : Au départ, c’est comme ça que je faisais pour toutes mes
illustrations double-page. Jusqu’à ce que je réalise qu’il me suffisait
d’utiliser une feuille de format A3.

Toriyama : Quel dessinateur studieux ! (Rires) Mais c’est vrai qu’au départ, on ne connaît pas les ficelles du métier.
Oda : Effectivement, on avance par tâtonnements.

Toriyama : Moi, quand j’ai fait mes débuts, je dessinais toutes les onomatopées à la règle ! (Rires)

3-Pour vous, M.Oda, quelle est la meilleure illustration de maître Toriyama?

Oda : J’aime beaucoup la couverture du tome 2 de Dragon Ball . Elle est très classe avec ses tons sobres.

Toriyama : Je l’ai dessinée sur un papier coloré, celle-ci.
C’était mon truc à ce moment-là. Elle fait partie de la série
d’illustrations en couleur que j’ai réalisées cinq semaines d’affilée4.

Oda : Quoi ?! Des illustrations en couleur cinq semaines c*nsécutives ?!

Toriyama : Torishima-san m’y avait forcé. Méfiez-vous de lui, c’est un individu dangereux ! (Rires)

Oda : Je n’ose même pas imaginer ! Déjà que j’ai du mal quand il faut faire de semaines de suite…

Toriyama : Qu’est-ce que vous aimez dans ce dessin ?

Oda : Je trouve formidable cette sérénité dans le mouvement. Et puis il en émane une atmosphère vraiment spéciale que j’adore.

4-Vous avez tous les deux réalisé d’innombrables dessins. Quelles sont les planches qui vous ont posé le plus de problèmes ?

Toriyama : Pour moi, le plus dur c’est de dessiner des choses
qui existent réellement,
une voiture ou un char, par exemple. L’erreur n’est pas permise. Quand
je suis en panne d’inspiration, il m’arrive de dessiner des objets du
réel, mais en fin de compte, ça demande plus de temps.

Oda : Ca doit être l’enfer pour ceux qui dessinent des histoires dans un univers contemporain.

Toriyama : Ca ne fais pas de doute. Sur cette illustration, j’ai dessiné une vraie moto. Ce que j’en ai bavé… Non, les objets réels, c’est trop compliqué.

Oda : Ce n’est pas votre fort, quoi. (Rires)

Toriyama : Et vous, qu’est-ce qui vous donne du mal ?


Oda : Moi, en fin de compte, j’aime dessiner tout et n’importe
quoi. Une fois que je suis plongé dedans, je m’amuse. Lorsque je suis
en retard et que mon assistant éditorial vient prendre mes planches, il
arrive souvent qu’en réalité j’aie encore envie de travailler dessus.

Toriyama : Bravo ! Je crois que c’est là que nous différons radicalement. Je vous envie un peu.

5-Parlons à présent des personnages. Dites-nous quel est votre personnage préféré parmi tous ceux que vous avez crées.

Toriyama : Pour ma part, c’est sans doute Piccolo.
C’est le premier de mes personnages avec une tête de vilain que j’ai
trouvé vraiment classe. Un méchant qui se repent et qui devient gentil,
c’est classique, mais c’est si bon à dessiner !

Oda : Oui, et puis c’est tout aussi plaisant pour le lecteur. Même s’il se doute de ce qui va arriver.

Toriyama : Et vous, alors, quel est votre personnage favori ?

Oda : Mmh… J’aime beaucoup Luffy, bien sûr. Mais mon préféré, c’est Gaimon.
Un type coincé depuis vingt ans dans un coffre, c’est une situation
assez dingue quand même. Je ne sais pas si j’arriverais à imaginer
mieux un jour.

Toriyama : Comment vous est venue cette idée ?

Oda : Au départ, j’avais pensé à un tonneau. Mais je ne me souviens plus trop comment j’en suis arrivé là. (Rires)

Toriyama : Vous êtes du genre à bien planifier les caractéristiques de vos personnages

Oda : Non, je fonctionne à l’inspiration du moment. C’est très
important, je trouve. Je commence par griffonner mes nouveaux perso, et
puis je leur écris quelques répliques, comme ça, naturellement, sans
réfléchir. En général, ça marche, ces premiers mots déterminent le
personnage.

Toriyama : Ah, je comprends tout à fait ça.

Oda : En fait, c’est en réfléchissant à ce qu’il pourrait dire que je c*nçois le perso.

Toriyama : Exactement ! Notre enthousiasme n’est pas le même, mais nos idées se ressemblent !

Oda : C’est vrai ?! (Tout content) Vous me flattez, là !

Toriyama : Est-ce que toutes ces idées dont les lecteurs
raffolent vous viennent naturellement, ou bien est-ce que vous cherchez
à plaire.

Oda : Il y a un peu des deux.

Toriyama : Si vous dessinez sans chercher du tout à plaire, pensez-vous que le résultat serait différent ?

Oda : Peut-être bien, mais ce que j’aime, c’est faire quelque chose que les gens aiment.

Toriyama : Encore un point que nous avons en commun.

Oda : Comme je rêvais depuis tout petit de devenir mangaka, je
réfléchissais déjà, alors que je n’était qu’un lecteur, à ce que je
dessinerai. J’ai donc en moi un stock d’idées assez important et
naturellement, je cherche à faire plaisir à ceux qui lisent mes
histoires. Malheureusement, je n’ai sans doute plus les mêmes goûts que
les jeunes aujourd’hui, mais j’essaie toujours de faire des choses que
moi-même, j’aurais pris du bonheur à lire quand j’étais enfant.

Toriyama : C’est très important de conserver cette attitude, d’essayer de se remettre dans la peau d’un petit garçon.

Oda : Tout à fait. C’est pourquoi je ne tiens pas compte des
statistiques et des études. Si je me dis qu’une idée m’aurait plu
lorsque j’étais enfant, alors je peux l’intégrer à mon histoire en
toute confiance.

6-Quels éléments avez-vous privilégiés en créant Luffy ?

Oda : La bravoure, sans conteste. Dragon Ball est un condensé de
tout ce dont raffolent les enfants. Il me fallait un axe central un peu
différent pour me distinguer.

Toriyama : Mais l’aventure tient bien la route. C’est que c’est
délicat de mener un tel road movie. Moi, j’aime bien cette ambiance
virile.

Oda : Exactement. Des fois, on trouve ça un peu too much, mais en fin de compte, on aime tous ça.

Toriyama : C’est vrai que moi-même, en dessinant, il m’arrive de trouver d’en faire un peu trop.

Oda : Mais les gens sont contents.

Toriyama : Alors on remet ça.

7-Pour finir, si vous voulez bien échanger un petit message d’encouragement…

Oda : Je ne peux que vous dire de continuer à faire ce que vous
faites. Moi, du moment que vous dessinez, je suis ravi. Même si je
suppose que votre responsable éditorial doit vous encourager à
commencer une nouvelle série. (Rires)

Toriyama : Je ne peux, moi aussi, que vous souhaiter de
continuer sur votre grande lancée. Que pourrais-je ajouter ? Comme mes
enfants dévorent One Piece et ne parlent que de ça, j’ai lu la série
moi aussi et je comprends pourquoi tout le monde adore.
interview de décembre 2007:

Pour commencer, pourriez-vous nous expliquer ce qui vous a poussé à devenir mangaka ?
Cela doit remonter au jour où j’ai appris ce qu’était un tel travail. Quand j’étais au jardin d’enfant, j’adorais le travail de Fujio Fujiko (ndt : un duo d'auteurs, on leur doit Doraemon), mais quand j’ai appris que tout ce qu’ils avaient à faire était de dessiner, je suis devenu jaloux. A l’époque, ça voulait dire la même chose pour moi que “ne rien faire du tout”.

Bien sûr, le “travail” d’un mangaka est bien de faire des dessins, mais quel gamin imagine que dessiner peut être un vrai travail ? Pour moi, en tout cas, “travailler” ça voulait dire aller au bureau et s’asseoir sur une chaise austère, comme le faisait mon papa.

C’est donc ce qui m’a poussé à devenir mangaka. Depuis cet âge là, j’adore dessiner, et comme les gens me disaient toujours que j’étais doué, j’avais plutôt confiance en moi.

Comment avez-vous progressé depuis ce temps là ?

J’ai commencé à proposer mon travail à 15 ans et j’ai gagné un premier prix à 17.

Mais c’est à partir de cet instant que les choses ont commencé à devenir difficile. Tant qu’il ne s’agissait que de dessiner, ça ne me posait aucun problème. Mais un manga n’est pas juste une suite d’images. Ecrire des histoires fut une chose difficile à apprendre pour moi. A chaque fois que je montrais mes esquisses à mon éditeur, il pointait tellement de points négatifs que j’en étais démoralisé.

C’est le premier mur professionnel auquel j’ai été confronté. Avant, je pensais que toutes les personnes douées en dessins devenaient mangaka, parce que tous ceux que je connaissais dessinaient vraiment bien. C’est donc à ce moment là que j’ai commence à penser à étudier sérieusement ce qu’était une “histoire”.

Après mon bac, j’ai pris la direction de l’université, à Kumamoto. Mais après une année, j’ai commencé à me dire, “c’est vraiment une perte de temps !”. Je me suis donc redirigé vers Tokyo.

Bien sûr, je détestais étudier. Mais au-delà de ça, faire ce bout de chemin comme étudiant m’a donné le sens du carpe diem, vu que la seule chose à laquelle pensent les étudiants, c’est à faire la fête ! (rires)


Connaissiez-vous d’autres personnes à l’université qui souhaitaient aussi devenir mangaka ?

Non, personne. En fait, vous savez, je cachais à la plupart de mes amis le fait que je faisais des mangas. Je ne sais pas aujourd’hui, mais à l’époque, dessiner des mangas, c’était souvent se faire railler.

Je NE voulais SURTOUT PAS être désigné comme “otaku”. Du coup, j’avais décidé que tant que je ne serais pas un professionnel, je serais juste un mangaka de placard (rires). Si vous devenez pro et que vous avez du succès, vous êtes acceptés pour ce que vous êtes, donc ce n’est plus nécessaire de se cacher. Du coup, ça m’a donné un puissant stimulant en l’esprit de “je serais un pro le plus rapidement possible !”.

C’est donc pour entrer plus rapidement dans le feu de l’action que j’ai laissé tomber l’université et que mon éditeur m’a introduit pour un poste d’assistant.

Comment s’est passée la première fois où vous avez vu un professionnel à l’œuvre ?

C’était en 1994, quand je suis devenu l’assistant de Shinobu Kaitani (ndt : auteur de Liar Game ou Somurie), dont son Midoriyama Police Gang était en cours chez JUMP à l’époque. La chose qui m’a le plus frappé était la beauté des originaux.

Comme les pages de JUMP sont faites de papier recyclé bon marché, elles sont rugueuses et salissantes. Mais les dessins originaux sont remarquablement magnifiques. Dix fois plus que tout ce que j’avais imaginé. J’ai visité plein de lieux de travail et partout j’avais le souffle coupé par la beauté des dessins. Mon propre travail me paraissait sans valeur en comparaison.

Y a-t-il d’autres choses dans le monde professionnel qui vous ont bluffé ?

Quand la série de Shinobu Kaitani s’est achevée, je suis allé travailler pour Masaya Tokuhiro (ndt : auteur de Jungle King Taa-chan, Vampire). J’admirais la façon dont il suivait sans la moindre difficulté et à la lettre le planning qu’il s’était lui-même fixé. C’est un vrai professionnel. J’ai toujours essayé d’apprendre ça en l’observant, mais je n’ai jamais réussi à m’y faire. Je ne dois pas être ce genre de mangaka ! (rires)

Quel genre de travail faisiez-vous pour Tokuhiro-sensei ?

Je faisais les décors sur Taa-chan et sur son œuvre suivante, Mizu no Tomodachi Kappaman. J’ai travaillé pour lui seulement un an et demi, mais il m’a vraiment appris un tas de choses. Comment dessiner le profil d’un personnage, des techniques pour rendre les personnages plus expressifs, etc. Après que j’ai cessé d’être son assistant, nous n’avons pas eu beaucoup de contacts, en dehors des cartes de voeux, mais sa contribution à ma vie fut énorme.

A propos de votre vie d’assistant, beaucoup de gens évoquent Nobuhiro Watsuki-sensei (ndt : auteur de Kenshin le Vagabond, Buso Renkin). Après avoir quitté Tokuhiro-sensei, avez-vous travaillé tout de suite pour Watsuki-sensei ?

Oui, à peu près. Mais en fait, je n’étais pas souvent présent. Je crois que je n’ai pas dû travailler pour lui à temps plein plus de quatre mois. Après ça, j’ai voulu me consacrer à ma propre série, ce qui me demandait du temps.

Avez-vous un souvenir spécial de votre période chez Watsuki-sensei ?

J’ai surtout eu l’occasion de me faire beaucoup de relations là-bas. Je ne sais pas trop si on peut appeler ça des auteurs amis ou rivaux, mais ce sont de vrais copains. C’était un endroit fantastique où travailler.

Pendant un moment, tous les mangaka célèbres de JUMP venaient d’ailleurs de chez Watsuki-sensei.

A cette époque, on cultivait cet esprit “devenons tous auteurs de séries !”. Je suis très heureux que ça ait fini par devenir réalité.

De tous ceux que vous considérez comme des “rivaux”, lequel vous a le plus marqué ?

Ce doit être Hiroyuki Takei (ndt : auteur de Shaman King). Il a un sens artistique fabuleux. Encore aujourd’hui, son travail me fait dire “Ouah ! C’est magnifique !”. Il fait ses dessins avec une telle facilité et une telle aisance que je n’arrête pas de me dire que je n’aurais pas pu en faire autant ! Et puis, il est capable de botter le c*l à un mécha. Un gars épatant, j’vous assure
Si vous le voulez bien, parlons maintenant des prémices de One Piece. Il y a d’abord eu ce que nous pourrions appeler le pilote, Romance Dawn (publié dans le One Piece Red et dans la collection d’histoires courtes WANTED!). Comment cette histoire est-elle née ?

Ecrire un manga sur une histoire de pirates est mon souhait depuis le collège. Mais je ne voulais pas que ce soit un one-shot (ndt : manga en un seul tome). C’est un format trop modeste par rapport à tout ce que j’avais en tête.

Donc j’avais décidé que si je m’y attelais, ce serait forcément sous la forme d’une série. Mais on n’entre pas dans ce monde aussi facilement. Toutes mes esquisses étaient simplement refusées.

A un moment, ma motivation ne tenait plus qu’à un fil, donc j’ai fini par me dire à moi-même “Si ceci ne fonctionne pas, alors je n’aurais plus qu’à tout laisser tomber”. Et c’est ainsi que j’ai écris Romance Dawn. C’était pour moi comme vendre l’ancestral trésor familial à un vide grenier…

En fait, j’ai écris cette histoire en faisant bien comprendre qu’il ne s’agissait que d’un point de départ à ce qui pourrait être une grande aventure. C’était comme dire au monde “Regardez-moi, j’ai vraiment envie d’écrire cette histoire !” (rires).

Et finalement, on m’a pris pour faire une série, qui est devenue One Piece.

Il semblerait que vous aviez déjà en tête les bases de One Piece au moment d’écrire Romance Dawn.

Oui, Luffy était présent, le fruit Gomu Gomu (ndt : fruit du caoutchoutier), etc. Au passage, au départ c’était le fruit Gomu, tout court. Mais mon éditeur m’a dit, “Mais, il n’existe pas vraiment ce fruit ?”. Du coup, je me suis précipité pour changer ça. Mais en y repensant, c’est un pu**** de bon choix (rires).

Oui, mais vous aviez déjà en tête les grandes lignes de votre récit lorsque vous étiez au collège, non ?

Non, pas vraiment. Je n’avais pas vraiment cette grande structure en tête. En fait, aussi loin qu’on remonte dans l’histoire, je n’avais pas pensé à grand chose. J’avais juste les bases indispensables et la volonté d’en faire une histoire incroyable. C’est tout.

C’est surprenant ! La lecture des derniers chapitres fait complètement ressortir le sens profond de l’arc Laboon. On serait donc tenté de penser que vous aviez tout prévu minutieusement…

Et bien, puisque vous y faites allusion, voilà quelque chose que je gardais dans ma manche depuis trèèèèèès longtemps (rires). Bien sûr, au moment où j’ai écrit l’arc Laboon, je savais qu’il y aurait un squelette musicien à un moment où à un autre. Je ne savais simplement pas encore quelle tête j’allais lui donner, ni quand je le ferais apparaître. Je pensais vraiment le faire apparaître plus rapidement, mais l’histoire devenait de plus en plus longue sans que je m’en rende compte. C’est aussi simple que ça.

Je réfléchis à mon histoire comme à des récits séparés, mais c’est la force des choses qui me dit combien de temps ils vont durer. C’est une chose que je fais à l’instinct. A chaque fois qu’une idée laissée de côté finit par devenir centrale, je dois repenser les choses, et je me dis souvent, “Oh ! Je pourrai utiliser ce gag à ce moment là !”. Beaucoup d’arcs sont écrits comme ça.

Par exemple ?

Et bien, les hommes-poissons. Au départ, ils devaient apparaître dès le chapitre trois, avant que je ne laisse tomber l’idée. Malgré tout, je l’ai gardée dans un coin de ma tête, ce qui m’a permis de la réutiliser pour l’arc Arlong. Voilà un autre exemple d’idée que je m’attendais à utiliser bien plus vite.

De toute façon, quand j’écris, les choses viennent en général d’elles-mêmes. Les lecteurs se disent “Il avait pensé à ça depuis AUTANT de temps ?!”, mais dans le même temps, je me dis, “Je n’aurais jamais cru que ça allait duré TANT de temps !” (rires).

Au départ, je voulais même amener la série à sa conclusion bien plus vite. Mais avant que je m’en rende compte, elle était devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Pour tout vous dire, je pensais passer un an et demi sur le recrutement de l’équipage, avant de passer à la grande aventure elle-même, pour finir le tout en un total de 5 ans.

En parlant de ça justement, combien de temps pensez-vous que votre saga va encore durer ?

Sûrement beaucoup de temps, c’est pourquoi j’espérais que vous ne me poseriez pas la question. Disons que j’aime l’idée de n’avoir fait que la moitié du chemin… Non, en fait, c’est bien trop tôt pour se poser la question !
Au delà du manga, One Piece est aussi un anime très populaire. Le passage en anime s’est fait environ deux ans après la première publication. Quelle a été votre réaction ?

Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais très excité par cette idée.

J’étais juste un peu inquiet de savoir quelles étaient les personnes qui allaient s’en charger, donc j’espérais vraiment qu’on me laisserait rencontrer le réalisateur et le producteur avant. Je me demandais aussi qui allait faire les voix de Luffy et sa bande.

D’ailleurs, en parlant de ça, déjà à l’époque où j’écrivais Romance Dawn, quand je n’étais encore qu’assistant, j’y avais beaucoup réfléchis, et je m’étais toujours dit que Mayumi Tanaka seraient parfaite pour Luffy. Donc quand il a été décidé que c’est elle qui le ferait, j’étais très heureux.

Avez-vous spécifiquement demandé à ce que ce soit elle ?

En fait, je n’ai rien dit à ce sujet avant qu’il ne soit décidé que ce soit elle. J’ai laissé tout ce qui concerne l’anime aux pros, parce que je pensais qu’il restait préférable de me taire et de les laisser faire leur boulot. Donc j’ai clos ma bouche à double tour. Mais quand elle est arrivée à l’audition et qu’elle a commencé à déclamer son texte, je me suis tout de suite dis, “C’est ça ! C’est la bonne voix !”.

Je suis très satisfait de l’anime sur de nombreux points, mais mon plus grand plaisir reste que le personnage principal soit doublé par la personne que j’avais toujours imaginée le faire.

Voilà une histoire bien sympathique ! Parlons maintenant, si vous le voulez bien, de cette populaire et intarissable source d’informations, “le coin des questions que tout le monde se pose”. Qu'est-ce qui vous a poussé à créer cette section ?

Quand j’étais gamin, dans un certain manga dont je tairais le nom, le coin des lecteurs a mystérieusement disparu du jour au lendemain (ndt : apparemment, il ferait référence à Dragon Ball). J’adorais vraiment ça, donc ce fut une grande déception.

Pourtant, avec le succès, vous avez dû devenir très occupé, et vous devez comprendre qu’il y a tout un tas de raisons qui pourrait justifier l’arrêt d’une telle section.

Oui, mais ça ne me satisfaisait pas comme raisons. Donc j’avais décidé que si un jour je devenais auteur de manga, je continuerais cette section quoiqu’il m’en coûte. Ce n’est pas limité aux mangas, mais à l’esprit profond de l’idée “je ne veux pas faire subir aux autres la déception que j’ai subis”.

Mais n’est-ce pas difficile de répondre aux gens tout en travaillant sur la série ?

Lire toutes les cartes postales d’un coup serait impossible. Donc toutes les semaines, j’en lis un peu et j’en mets de côté qui seraient sympas pour le coin des lecteurs. Quand arrive l’heure pour un volume relié de sortir, j’en choisis quelques unes dans tout ce tas. A partir de là, ça me prend environ une journée. Mais dans la mesure où je dois aussi dessiner la couverture du volume, je vous mentirais si je disais que ce n’est pas difficile.

Mais j’ai décidé que c’est vraiment quelque chose que je dois faire, même si je n’aime plus ça, c’est quelque chose que je ne laisserai jamais tomber (rires). Plus sérieusement, c’est sûr que c’est dur, mais c’est aussi très marrant. Certains gamins pensent à des trucs que je n’aurais jamais pu imaginer.

Les gens écrivent des choses tellement invraisemblables que parfois on me suspecte, “n’inventez-vous pas tout ça vous-même ?”, mais le coin des lecteurs vient à 100% des dits lecteurs. Je lis leurs cartes, j’en choisis, et j’y réponds.

Je suppose que ça signifie que vous, les lecteurs, devez continuer à en envoyer ! Nous atteignons maintenant la dernière question. Il semble que One Piece va encore durer un moment, mais après ça, en tant qu’auteur de manga, que vous imaginez-vous faire ?

En fait, il y a un tas de choses que j’aimerais bien faire. Au delà des mangas, j’adorerais faire quelque chose comme un film. Toutefois, contrairement à autrefois, plus qu’une longue histoire épique, je me verrais bien faire une histoire courte mais intense.

Après One Piece, je ne pense pas que je ferais un jour une autre grande série. Je me verrais bien faire comme Akira Toriyama-sensei, simplement sortir une histoire en un seul volume de temps à autre. A l’heure actuelle, c’est à ce genre de choses que j’aspire.

Et c’est exactement pour ça qu’aujourd’hui je mets toute mon énergie dans One Piece. Si je continue de penser qu’il s’agit de ma première et dernière longue saga, alors ma motivation ne s’éteindra pas.

Donc vous pensez vous pousser jusqu’à vos limites…

Aussi loin que je pourrai aller sans me tuer ! (rires)

La suite dans le post d'en-dessous lire

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Re: Interviews D'Oda.

Message par Raleygh 009 le Jeu 15 Nov - 23:00

Désolé de faire un double post, mais j'etais obliger car celui-ci dépassait la limite autorisé pompes

interview de décembre 2009:

Journaliste: -Ça fait exactement 10 ans que la série animée a commencé et le 12 décembre, le 10éme film va être lancé. Donc pour commencer, vous vous êtes occupé de l'histoire pendant tout ce temps, comment cela s’est t-il passé ?

Eiichiro Oda: -Au départ j’ai refusé. Je suis le genre de personne qui ne peut s'occuper que d'une chose à la fois, et donc s'occuper en même tant du manga papier et de l'histoire était simplement impossible. Je me connais très bien à ce sujet et j'ai demandé qu'on me laisse tranquille, mais le producteur qui était bon avec moi dans le passé ne voulait pas lâcher prise, donc j'ai expliqué mes conditions et dit que si c'était Mr. Children qui réalise le thème principal, je le ferai (rires)

J: -Donc ça a du rendre votre charge de travail pour les chapitres encore plus difficile, n'est ce pas ?

Oda: -J’ai cru que j’allais mourir. JMême si je ne devais seulement m'occuper de l'ébauche des chapitres, il y avait d'autres choses à faire et le film a tellement pris d'envergure que j'y pensais jour et nuit. Ça a même créé des failles dans la série et j'étais à plat après toute cette histoire.. C’est pourquoi j’ai fait une déclaration au personnel du film que ça ne se reproduira plus. En échange, je leur ai garanti que ce film serait terrible. Je leur ai dit que ce serait la seule chose qu'ils devraient attendre de moi. e garantis l'excitation de ce film.

J: -Cela fait 12ans que votre série a commencé et c’est une durée de temps très importantes, la tension n’a jamais chuté et c’est toujours aussi excitant. Comment faites-vous pour garder vos lecteurs toujours aussi impatients de lire votre histoire ?

Oda: -Je ne pense pas qu’il y ait un truc pour cela. Si vous avez une série qui marche pendant un bon nombre d'années, alors vos lecteurs vont devenir des adultes, et à un moment, j'avais peur qu'ils s'en désintéressent. Mais d'autre part, j'avais réalisé qu'il y a des enfants qui naissent aussi donc si tu ne perds pas ton objectif de vue et que tu vises un but sérieusement, tu dois simplement voir la réalité : quand tu perds des lecteurs, ils seront toujours remplacés et ça m'a aidé pour en finir avec cette situation. Si vous pensez que ce que vous dessinez est intéressant, des lecteurs nouveaux viendront et, pourquoi pas même des personnes qui avaient arrêté de lire la série reviendront.

J: -Pourquoi avoir pensé à écrire une histoire de pirates au départ ? Avez-vous eu des influences pour cela ?

Oda: -Je ne sais pas si c’était une influence mais plutôt un point de départ, ce serait la série animé "The Little Viking Bikke». Quand je l’ai vue, l’aventure est devenue tout simplement le synonyme de « pirate » pour moi. En réalité, je me demandais toujours pourquoi les gens n’écrivaient rien sur les pirates. J’ai pensé que si je dessinais une histoire sur cela, je pouvais dessiner une grande aventure.

J: -Et ô combien elle est grande !! Vous avez même mis un navire qui volait dans votre histoire.

Oda: -Tout est possible. J’ai mis en place l’impossible comme norme sur Grand Line afin de pouvoir faire ce que je veux. Le temps est dangereux, la mer est agitée, il n’existe pas beaucoup de moyens pour les gens d’aller et de venir où ils veulent, ce qui fait qu’il n’est pas étrange qu’il y ait des cultures si différentes. Par exemple, si je voudrais écrire à une histoire sur l'école, tout ce que j'aurais à faire est de dessiner une Ile-Ecole. Je peux suivre mon propre chemin et aller où je veux grâce à la façon dont j’ai mis en place mon univers où tout peut arriver.

J: -Avant de commencer la série, avez-vous déjà planifiés l’intrigue ?

Oda: -Non, pas vraiment. Je connaissais juste la fin.

J: -Hein ? Vous connaissez la fin ?

Oda: -Ouais je la connais. Donc peut importe à quel point ce que je fais est dingue pour le moment, tout ce que j'ai à faire est d'atteindre ce point et si j’arrive à m'y tenir, alors ce sera parfait.

J: -Je ne veux pas avoir plus de détails, donc je ne poserai plus de questions dessus, mais ne pensez-vous pas qu'il serait plus sûr de considérer que la fin est encore loin ?

Oda: -Puisque cela a déjà été décidé, il y a une partie de moi-même qui veut arriver au plus vite à la dernière image mais en réalité, je ne pense pas à ce que ce soit si long que cela. Parce que je veux penser à comment traiter correctement mes personnages, Je ne veux pas terminer avec un pion juste pour faire échec et mat, si je pense à écrire sur le moment, je dois absolument continuer sur la même voie. Récemment l’équipage a augmenté en nombre, et à chaque fois que cela arrive, je désire dessiner les réactions de chacun même si cela prend plus de temps que prévu.

J: -One Piece peut vraiment faire pleurer

Oda: -Je ne pense pas être ce type d’auteur. Je suis avant tout quelqu’un qui aime dessiner des scènes d’actions. C’est quelque chose que j’ai compris quand j’ai commencé la série. C’est typique de moi.

J: -Avez-vous déjà écrit et commencé vous-même à pleurer ?

Oda: -Oui certainement. Le travail des autres ne me fait pas pleurer, mais le mien me fait tomber en morceaux (rire). Peut être parce que je me concentre très fort sur le sujet.

J: -Maintenant il y a 56 volumes et ce qui me surprend à chaque fois que je les lis, c’est de voir à quel point l’histoire est si bien tissée.

Oda: -Yeah, je suis assez bon n’est ce pas (rire). Evidemment je manipule tout cela avec minutie mais quand je regarde cela en arrière je m’aperçois que certaines choses ont été faite par chances. Mais je ne veux décevoir quiconque donc je ne vais pas trop m’étendre sur ce sujet (rire). Je pense que c’est plus impressionnant que ce que j’ai réellement dessiné.

J: -Quand vous dessinez, y a t-il des règles que vous vous imposez avec le respect de choses que vous ne ferez jamais ?

Oda: -J’aime dessiner des scènes de fêtes. Donc je ne veux pas dessiner des scènes qui ruinent cette atmosphère. Et c'est un manga pour les garçons donc je ne ferai rien sur les relations. Je reçois beaucoup de lettres de lectrices me demandant de couvrir certains types de relation, mais si c'est ce que vous voulez lire, allez lire un manga de fille, ce n'est pas mon travail. Je ne me soucie pas si quelqu’un tombe amoureux de Luffy, mais c’est quelque chose qui sera fini avant même que vous le sachiez. Mais connaissant Luffy, je ne pense pas que ce genre de chose serait un problème. (rires)

J: -Lorsque vous aviez 17 ans, la courte bande dessinée WANTED ! a remporté la 2éme place du prix Tezuka, mais quand vouliez vous être un auteur de manga ?

Oda: -J’avais décidé ça à l’âge de 4 ans. Mon père allait à l'entreprise pour y travailler, et ma mère restait à la maison pour faire les corvées. Je pensais qu'être adulte signifiait faire ce genre de choses, mais j'ai appris qu'il y avait des gens qui vivaient en dessinant et apparemment, j'aurais dit " C'est ce que je veux faire"

J: -Quand vous aviez reçu le prix Tezuka, pensez-vous avoir déjà fait un grand pas ?

Oda: -Il y avait certainement une partie de moi qui pensait que je pouvais aller instantanément vers les sommets. J’ai pris l’univers du manga trop à la légère. Parce que j’étais stupide (rire). Je pensais que si j'avais pu en arriver là juste avec ce genre de travail, il était temps de mettre les voiles, donc de faire le pèlerinage à Tokyo et c’est à partir de ce moment là que tout c’est effondré. Peu importe le nombre de croquis que j’ai donné, ils ont tous été refusés. A cette époque j’avais trop d’orgueil dans mon propre travail, au point où quand je lisais le travail d’un autre je me disais que le mien pouvait être plus intéressant. J'étais vraiment un idiot. Mais heureusement, je me suis rendu compte à quel point il me manquait de force, et quand tu t’en aperçois, tu te rends compte du mur qu’il y a devant toi. Ecrire un chapitre intéressant de 19 pages en seulement une semaine, l'un après l'autre, tous les êtres humains n’en sont pas capables. Je crois maintenant que les auteurs de manga sont nés pour cela. Et ce fut un choc pour moi à l’époque. Je crois qu’à un moment je suis tombé de haut et que je n’ai pas pu bouger de ma propre volonté pendant une semaine.

J: -N’avez-vous jamais perdu espoir de devenir auteur de manga ?

Oda: -Oui, je l’ai pensé. Seulement une fois, je me suis dit « Bien il est toujours temps pour moi d’être un employé comme les autres ». Mais j’ai été sauvé par les paroles de mon éditeur de l’époque. On n'arrêtait pas de se chamailler mais un jour il m’a dit « Dans toute ma carrière, j’ai jamais vu de type qui travaillait si durement, mais qui n’a rien pour montrer cela ». Cela m’a fait pleurer. Juste ces quelques mots m’ont mit à l’aise et j'ai repris courage

J: -Et One Piece est né et sa popularité c’est rependu comme une trainée de poudre. Mais pensiez vous que cela irai aussi vite ?

Oda: -Bien évidemment, je savais que si je dessinais une histoire sur des pirates cela serait intéressant, mais je ne pensais pas que ça irait aussi vite. Il s'est immédiatement répandu et s'est enflammé dans la popularité. Mais puisque beaucoup de choses dans ce monde ont une façon de disparaître avant que vous ne le sachiez, c’est assez effrayant quand j'y pense.

J: -Quel genre de chose dans la publication de votre série vous fait plaisir ?

Oda: -Hmm, ça doit être à chaque fois que je fais une bonne histoire. Je suis une épave quand je ne peux pas faire une bonne histoire. Je me retrouve à me morfondre si je ne sens pas que j’ai entièrement bien rempli une bonne histoire. Plus que d'être simplement incapable de me tenir debout, si je ne pense pas que mes tirages de la semaine précédente se sont bien passés, je ne peux pas me reposer avant de me rattraper la semaine suivante. Si jamais j'échoue dans les mangas, le seul moyen que j'ai de m'en remettre est avec les mangas. Je suis bizarre mais c’est comme ça (rire). Peu importe où ma vie privé pourrait être, si je ne peux pas consacrer du temps au manga je vais finir par être frustré. C'est juste comme ça que je suis. Je suis donc plus difficile avec moi même.

J: -Vous êtes donc perfectionniste ?

Oda: -Seulement pour la bande dessinée. Je traîne vraiment quand il s’agit de ma vie privée. Encore une fois, j’ai été seulement une fois cette année chez moi.

J: -Comment gérer-vous votre famille ?

Oda: -Ils viennent rester sur le lieu de travail une fois par semaine. J’ai deux enfants et ils sont adorables (rire). JJe voudrais passer plus de temps avec eux et ça m'embête vraiment beaucoup. Tant que le travail est concerné, tout ce qui est "mignon" est une nuisance. S'il s'agit d'amis ou proches, et que tu ne peux pas les voir parce que tu es occupé, ce n'est pas grave et ils peuvent comprendre. Mais pour mes enfants ça n'a aucune chance que ce soit le cas.

J: -Quels sont les personnages que vos enfants aiment ?

Oda: -Ils aiment Nami-chan. Nami-chan et Chopper. Mais essentiellement ils aiment ‘Pretty Cure’ (je sais pas qui c'est mais apparemment ce n'est pas dans One Piece , si quelqu’un le sait...). Et c’est comme cela que ‘Pretty Cure’ fait brûler les flammes de rivalité dans mon cœur. Je veux mettre ‘Pretty Cure’ à terre (rire).

J: -Je pense que vous l’entendez souvent, mais quel fruit du démon aimeriez-vous manger ?

Oda: -Comme le rêve de tout homme, j’aurais sans doute envie de manger le Suke Suke Fruit (invisibilité) (rires) Mais au final ce serait probablement le Hana Hana Fruit (celui de Robin). Si j'avais plusieurs mains je pourrais faire mon travail beaucoup plus rapidement.

J: -C'est une manière bizarre de le dire, mais vous aimez beaucoup les mangas n'est ce pas ?

Oda: -Je les aimes et j’ai aussi envie de dire « Eh bien j’ai commencé cette chose-ci ... » cependant, je crois que le manga devrait toujours être «Le Seigneur de tuer le temps» donc je ne veux pas le remplir de messages profonds. Je l’écris juste comme quelque chose qui peut être facile à aimer, quelque chose que vous pouvez lire quand vous avez du temps libre et, au mieux, je serais heureux si elle pouvait aider les élèves à se faire des amis au début des nouveaux semestres. Parce que c'est ce qui peut arriver lorsque beaucoup de gens lisent la même chose. Si tout le monde lit le même manga, peu importe de quel école vient le gamin, si vous avez quelque chose à parler en commun, alors il est facile de se faire des amis. Il y a quelque chose de mystérieux avec One Piece c’est qu’il est lu par beaucoup de femmes, j’ai en réalité reçu des lettres de femmes qui me disent que grâce à One Piece elles ont rencontrés leurs mari eux même fan de One Piece. Donc je n’essaye pas vraiment de dire quelque chose du monde, je pense que la raison pour laquelle que je dessine des manga, ou peut être pourrait-on dire l’un de mes rôles de ma vie, est de relier les gens.
Interview d'Oda suite à la sortie de Strong Wolrd:

Oda: Le concept du film doit essayer de correspondre en toute chose à ce que l'on aime du shonen.

Dans cette adaptation de film, Konishi Yasuharu est responsable de la musique du début, et directement du début, nous pouvons ressentir un style différent à l'habituel. Les dessins vont tout à fait avec la musique de Konishi-san.

Oda : je sens que c'est la musique de Konishi-san. Vraiment, l'intro est fondée sur l'intro d'une chanson que j'ai toujours aimé de Konishi-san, qui a l'habitude de créer une nouvelle chanson pour cela. Du meeting pour le scenario, j'exigeais inflexiblement que "un film est l'ouverture!" et inversement le directeur de section était pour : "c'est la fin!", ainsi avec le choix prudent de nous deux, nous avions la conviction qu'il n'y avait aucune faute dans la qualité des chansons de l'ouverture et de la fin dès le tout début.

Alors, je suppose que nous ne pouvons pas manquer la chanson de fin après le spectacle principal.

Oda : Pendant la chanson de fin, quelque chose ce qui est rattaché à l'histoire sera montrée pendant qu'elle est jouée. C'est là où le directeur de section est particulièrement bien pensé, donc j'ai laissé tout cela à ses soins. Au début, il y avait la discussion autour "de toujours les peintures," mais j'ai demandé, "Par tous les moyens, animez s'il vous plaît les peintures et revoyez méticuleusement tous les détails." (rires)

Cette fois, Oda-sensei était "le commandant suprême de toute la production," mais avez-vous déja eu l'impression que vous avez voulu essayer de faire une adaptation de film de cette manière ?

Oda : je n'avais absolument aucun sentiment du fait de vouloir essayer cela. Je peux seulement écrire du manga, ainsi à moins que je ne mette tout dans une meme chose, je deviens négligent. C'est pour cela qu'au début j'ai refusé de dire, "je ne peux pas faire deux travaux en meme temps ainsi...." Mais le Shimizu-producteur voulais que je le fasse peu importe ce que cela demande. Il a dit "que Juste le script est parfait" ... et donc j'ai été attrapé dans ce piège. (rires)

De cela, quelle sorte de l'histoire est derrière cela, comment vous avez fini par passer de travailler sur des choses à "commandant suprême de toute la production ?"

Oda : Depuis que j'ai promis d'accepter de faire le script, j'ai dû le faire, mais en meme temps comme une condition j'ai dit, "je le ferai si MisuChiru (M. Children) chantera la chanson de thème." Si quelque chose de bon arrivait au pauvre de moi ... drole de sentiment. Cela étant dit, nous ne pouvions pas avoir tout de suite la confirmation de MisuChiru, donc pendant ce temps, j'ai effectué le travail qui m'etait assigné. soudain, j'ai commencé à me demander qui va diriger la production, qui va être le directeur d'animation, qui sont les gens qui vont être impliqués dans la chose dans laquelle je mets tout mes efforts dans la réalisation ? Peu importe que le script fait soit bon, si les gens qui l'utilisent dans un travail ne peuvent pas l'accepter, alors je perds en diffusant mon nom. Si quelque chose de mauvais est produite, alors je suis celui qui est pénalisé. J'ai cru que c'était une affaire sérieuse, donc j'ai commencé à furer mon nez dans différents endroits. A partir de la, petit à petit, j'ai vraiment détecté une menace, mais.... Après avoir fait cela, la personne à laquelle je me fie le plus a été pris comme directeur, ainsi pour les dessins, nous avons cherché quelqu'un qui resterait le plus fidèle au travail original et progressivement le personnel a été choisi. A partir de ce moment, les dessins en réponse au script devirent meilleurs. Mais cependant, je n'etais toujours pas satisfait.... Malgré le bon staff, le fait que les animaux n'étaient pas mes dessins a commencé à me tracasser. Dans ce film les animaux sont vraiment essentiels, aussi forts semblaient-ils, les enfants les considereraient comme des créatures vivantes très intéressantes; j'ai dit: "je dessinerai juste les animaux, ce sont des caractères principaux. Je vous confie le reste,". Mais alors meme que je faisais quelques dessins, je me suis dit que tout dessiner était intolérable. "Je ne leur permettrai pas d'utiliser aucuns de mes dessins à nouveau!" ... qu'est-ce que m'arrive, je me demande (rit). quoi qu'il en soit, aussi longtemps que je le faisais, je n'ai pas permis d'échec, beaucoup d'inquiétudes et de problèmes s'accumulèrent, et j'ai commencé à fourer mon nez dans les endroits auxquels je ne m'attendais pas. Pour le terminer, j'ai même fini par faire la coordination des couleurs. Après cela, le Shimizu-producteur m'a donné ce titre étrange : "le commandant suprême de toute la production". Je ne sais pas quelle sorte de l'image les gens du monde ont du "commandant suprême de toute la production," mais ils doivent imaginer une personne qui a eu des grandes participations dans tous les niveaux. Si oui, alors tout le blâme doit reposer encore plus sur moi, donc j'ai cru qu'il n'y avait aucun choix, que de le faire pour de vrai, donc j'ai commencé à faire aussi le travail de vérification. Et c'est ainsi qu'on est arrivé à la situation actuelle.

Bien qu'il y ait eu neuf adaptations de film dans le passé, est-ce que c'est le premier travail qui doit passer par le controle d'Oda-sensei ?

Oda : c'est le premier. Je ne suis pas habitué à l'anime et naturellement ma position est, "Laissez l'anime aux pros de l'anime." Si je dis le plus petit mots, il est certain que cela crée de la responsabilité, donc je n'aurais pas du faire même un pas dans n'importe quel domaine, j'ai cru que je le savais, mais.... Ces premiers mots du Shimizu-producteur m'ont piégé. Je m'y suis laissé prendre magnifiquement.

L'histoire de Luffy luttant pour protéger ses nakama et sa ville natale m'a donné l'impression du fait d'un retour aux principes fondamentaux de ce travail, mais est-ce quelque chose dont Oda-sensei s'est particulièrement soucié ?

Oda : j'ai cru que l'histoire en elle-même serait meilleure si c'était aussi simple que possible. En réfléchissant aux films que j'aime moi, ils ne sont pas profondément dérangeants à coup sûr; mais au lieu de cela ce sont les films cool que j'aime voir. Et une partie de moi a décidé qu'un film était bon ou pas par rapport au nombre de scènes qui ont laissé une impression sur moi après que je l'ai regardé. C'est pour cela que l'histoire n'importe pas vraiment ou plutôt j'ai cru qu'il serait parfait de pas en être trop préoccupé. Évidemment, afin de conserver une trame, l'histoire sera naturellement née de la base du manga, mais en plus, j'ai pris le concept de ce film comme un essai de montrer tout ce que l'on aime dans les shonen. Je sais que One Piece a une large gamme de fans, mais les fans de shonen, qui sont le coeur des fans du manga, sont vraiment très éloignés du cinéma, ou plutôt ce sont des gamins qui ne peuvent pas décider seuls d'aller au cinéma. c'est parce qu'ils essaient d'agir cool ou qu'ils sont embarrassés, c'est comme celui qui voudrait aller regarder quelque chose comme un film anime ((??phrase anglaise bizarre)). Faire bouger ces garçons et les faire venir au cinéma, c'est mon voeux le plus cher. Peut importe ce qui est produit, aussi longtemps que ce travail porte le nom de One piece, les filles sont sympas donc elles viendront; évidemment, je veux que celles-ci l'apprécient aussi, mais faire un film qui attirerait ces gamins qui ne se seraient pas normalement déplacés était mon but. Et quand je me suis revenu sur ce que j'aimais il y a bien longtemps lorsque j'étais un enfant fan de manga, comme on pouvait s'y attendre, les luttes entre des animaux puissants consistent en ce que je me rappelle clairement. Cela doit être quelque chose dans ma nature d'homme, mais ce que les enfants aiment le plus doit être cela, c'est ce que j'ai conclu. Même si ce concept a été détesté par les filles, je suis un auteur de shonen, donc je ne regrette rien. De toute façon, ma détermination de produire un travail pour garçon qui leur donnera envie de venir au cinéma était le but.

Le titre, Strong World, vient-il aussi de là ?

Oda : Dans mes souvenirs d'enfance, je me suis souvenu que j'aimais le mot "FORT". Même dans la série du Kamen Rider, j'ai préféré Stronger. En fait, Kamen RIder Stronger n'a pas été diffusé dans ma ville natale, Kumamoto, mais le nom est cool (rires). À cause de cela, le nom s'est transformé : puisque j'aime le mot "FORT", je dessinerai ce genre de monde et c'est de là qu'est venu Strong World.

A propos du design des costumes, l'apparence de Luffy &Co en costume noir était original. Dans le travail original sur les dessins de l'opening, il y a eu des idées fun sur des dessins fashions, mais qu'est-ce qui vous fait décider quoi prendre pour l'anime ?

Oda : j'avais déja peints ce type de costume bien avant les croquis pour l'opening, mais naturellement, j'apprécie juste ce genre d'atmosphère. Dans l'histoire actuelle, il n'y a pas eu de situation pour eux pour porter ce genre de costume, mais la popularité de ces dessins d'opening était grande, donc j'ai pensé si nous choisissons ceux-là pour le film, pourquoi ce serait-ce pas les plus cool. De toute façon, j'ai juste voulu faire tout ce que l'on peut juger cool parce que c'est pourquoi ce film est.

Et c'est ce qui relie à la scène où ils attaquent la place forte de Shiki, n'est ce pas ? * (à propos, cette scène était tellement cool que je pouvais mourir heureux après ça. sérieusement, ça ressemblait à la chose la plus grandiose jamais, jamais vue)

Oda : Oui. C'est un raid lors une nuit enneigée. C'est comme si ça faisait appel à l'ADN japonais ((expression : ca mets votre sang en ebulllition)), c'est comme Chushingura. Peu importe que j'ai voulu représenter la chose aussi cool que possible, je me représente "le raid" comme une augmentation de l'exaltation de l'histoire. Dans le monde, il y a de nombreuses sortes d'histoires, mais la plus vendue reste le sauvetage d'une demoiselle en détresse. Cela entraine les vieux,les jeunes, mâle et femelle, tous les gens sont gonflés à bloc. C'est pour ça que le raid et le reste que j'ai vraiment voulu peindre deviennent une des composantes de départ. Les images que je veux dessiner et les choses que je veux représenter sont rassemblées et broder l'histoire de tout ça est ma façon ordinaire de le faire.

Cette fois Nami est décrite avec précision comme "la demoiselle en détresse," mais c'est ce qui, inversement, le rend original.

Oda : Bien, j'avait une sorte de politique intérieure de pas considérer les personnages femelles comme des héroïnes donc ... (rires). L'ère où les femmes sont seulement protégées a déjà passé et dans cette longue histoire, le shonen manga a continué à seulement représenter la sorte "de femme que les femmes ne reconnaitraient pas." Mais pour One Piece, mon envie etait de présenter une sorte de personnages qui pourraient être aimés par les deux sexes; par exemple, il y a le Sanji passionné des femmes, j'ai voulu lui donner un truc qui le rendrait, à coup sûr, attirant aussi pour les hommes. Je veux qu'ils soient tous des héros, donc je m'efforce aligner des perso que chacun regardera avec l'admiration des yeux. Les Strawhats sont un groupe qui a été construit avec ce thème. C'est pour cela que jusqu'ici je n'ai pas peins de femme étant dans une faible position juste parce que c'est une femme. Mais, peut-être que juste ici, ce sera ok. Juste une fois, Nami a été capturée et a supplié Luffy, "Sauvez-moi," mais en fait, elle a rarement montré un semblant de faiblesse. Mais maintenant, quand les lecteurs ont admis que Nami est une femme avec une forte disposition, j'ai cru que ce serait pas mal pour elle d'être la demoiselle. J'ai aussi cru qu'ils sont maintenant dans une relation où ils peuvent montrer leurs faiblesses les uns aux autres. Mais tout de même, je me suis inquiété au sujet de nombreuses choses. La première image qui m'est venue en tete avait la forme de Nami trahissant ses nakamas, mais j'ai voulu lui donner un sentiment un peu excentrique.... La chose avec laquelle je me suis battu pour "la traîtrise" était que Nami a trop de foi en Luffy et chacun. Peu importe la puissance d'un ennemi, Nami a trop foi en la fait que Luffy et les autres le vainquent. Peu importe quelle sorte de l'histoire je crée, elle ne serait pas soumise et "permettez-moi s'il vous plaît d'être votre nakama," sont des mots qu'elle ne dirait jamais, de son propre accord, à un ennemi. Quand ils furent déjà extrêmement affaiblis et qu'elle n'a plus su que faire, sa faiblesse a été trouvée. C'était sa ville natale. J'ai introduit le facteur East Blue parce que c'etait une nécessité.

Alors, le point de départ de l'histoire est avant tout, les origines de Nami.

Oda : Oui. Pour placer Nami en tant qu'héroïne, qu'est-ce que je devait faire ... et j'ai commencé à penser. Jusqu'ici j'ai peints un certain nombre de scènes où ils entrent dans des luttes pour leur nakama, mais enfin, quand ils luttent tous ensemble est le moment où les lecteurs sont "on fire" et que l'histoire devient plus orthodoxe et plus excitante.

Interview d'octobre 2011:

C'est une interview avec Togashi et Oda de One Piece.

(l'extrait ne commence pas au début de l'interview)
T: Oui, en tant qu'auteur pour le jump, des fois j'ai l'impression de ne pas être grand chose comparé à vous ( je suppose que ça se reporte au fait que one piece est l'une des séries phares du jump)

O: Mr. T est trop modeste. Quand j'étais assistant, j'avais toujours adoré vos oeuvres pour leur originalité.

T: Je n'aime pas les histoires qui suivent un schéma prédéfini. J'essaie toujours de rendre les choses plus intéressantes, plus inattendus. Je prête beaucoup d'attention à votre travail aussi. Votre histoire est très émotif. (? j'ai des doutes sur la dernière phrase alors j'ai traduit littéralement)

O: Haha, d'habitude je crée le personnage en premier, et ensuite j'invente une histoire en accord avec ce personnage. Et vous Mr.T ?

T: Parfois je suis à court d'idées et ça me fatigue. En général, je regarde des films de western, d'arts martiaux, des séries séries courtes et des histoire de légendes pour trouver des idées.

O: Je vois. C'est une bonne idée. Vos personnages sont super. Les dessiner doit vous demander beaucoup d'effort, non ?

T: Juste une habitude à prendre. Peut être que je suis plus influencé par la vieille école.

O: L'arc des ants est bientôt fini ? Je trouve que la seconde moitié de l'arc ant est très spéciale, et ça m'a beaucoup inspiré.

T: Merci. J'ai juste dessiné comme si comme ça, comme il y avait eu beaucoup de pauses entre temps. Il a eu quelques changements dans mon style pendant l'arc ant. Je suis impressionné que OP garde toujours le même style.

O: Il y a des fois où je voudrais changer mon style, mais c'est risqué. Je suis sûr que Mr. T comprends.

T: Oui, les éditeurs étaient préoccupés avec le style de HxH et ils étaient inquiets que les lecteurs n'apprécient pas, mais j'ai quand même continué. Je veux montrer clairement ce que j'ai en tête.

O: Donc, où en est HxH ? A la moitié ?

T: Difficile à dire. J'ai encore 5 ou 6 histoires en tête. Si tout se passe comme prévu, il devrait y avoir au moins 3 ou 4 histoires après l'arc ant. Bien sûr des fois, des imprévus se produisent et foutent en l'air vos plans.Et donc, OP en est à plus de la moitié ?

O: Oui, je crois que je vais un peu vite. Quand une histoire est à moitié finie, je suis déjà en train de penser à l'histoire suivante pour mes lecteurs, donc l'histoire se précipite un peu.

T: Ce qui veut dire que vous ne manquez pas d'imagination, ce qui est une bonne chose.

O: L'édition m'aide beaucoup. En général, je leur l'histoire dans les grandes lignes, et ce sont eux qui m'aident à peaufiner les détails.

T: Shonen Jump possède beaucoup de bons mangas avec des thèmes très variés. Tout semble indiqué qu'ils peuvent continué encore longtemps. Les nouveaux ont tous l'air prometteurs.

O: One Piece a travaillé une fois en collaboration avec Toriko. Je pense que son manga (Toriko) ressemble beaucoup au début de HxH. Il a du être influencé par Mr. T.

T: Je pense la même chose, mais ma vision du monde est plus grande que la sienne. C'est plutôt comme OP. Haha.

O: Je vois Mr. T a encore le sens de l'humour.

mini-interview pour l'exposition de mars 2012:

When she first heard the title, Tanaka thought it was a shoujo manga.
Her first impression of Luffy was when her son showed her an issue of Jump at which time she thought, 'What a weird art style!'.
Oda says he was told that often at the start because he did 'dot style' eyes at a time when 'big eyes' were popular.

When her son told her it was the most popular manga she couldn't believe it because of the art style. Then when she actually sat down and actually read tanks, it made her cry while she was riding a train. She thought, 'Well, the art may be wierd but this is alright!'

Oda drew Luffy with Tanaka's voice in mind. Even though he wasn't sure if the story would survive in Jump, he wondered what to do about VA's and consulted his buddy from assistant days, Takei of Shaman King. They decided on Tanaka.

Oda first met Tanaka when he was about 24-25. Tanaka says kinda like knowing him as a son. She was kinda in a mindset of telling him 'Don't just eat meat! You have to eat veggies too!', because just like Luffy, all Oda ever talks about is meat.

Oda calls Tanaka his 'Tokyo Mother'. But recently he's learned to like fish a lot.

Tanaka was worried whether or not she'd be able to fill the shoes of a new comic's anime version's hero. Considering her work with Jump comics her portfolio's biggest spot is obviously filled by Krillin and she was worried if that image was too strong.

Oda was simultaneously worried that she didn't want to do it because she didn't want to do a male teen's voice.

Tanaka said she only does shonen voices which she was cool with in her 20's-30's but she wasn't too keen on it in her 40's-50's. She reassures Oda though, that if she didn't want to do it, she wouldn't have shown up at the audition. Oda says he always believed that and that in choosing the lead they needed someone as a 'chairperson' who would be responsible for the atmosphere of the workplace and have a sense about them which is why they wanted to go with Tanaka. Tanaka says if anyone else took that 'chairperson' position not just her, but the whole team would have been made of completely different people and would have turned out completely differently. She says it was kinda something like fate that brought them together. Oda agrees and says that all he really first said was that he liked the voice of Krillin and Pazu (Laputa). Since he was a total beginner with little experience he never expected her to work with it. Tanaka admires this quality in him 'cause she says there are lots of authors who expect certain VA's to work with them since they have a popular series. Oda says if you take that kind of attitude you're taking on a certain responsibility and since you can't take responsibility for the whole thing, it's a lot better to just say 'have fun with it' from the start. There's lots of things she needs to take care of like the studio atmosphere etc. so it really shows that she's the pro here. Just from watching episode 1 he realized he met a great group of actors.

Oda has a question for Tanaka regarding an acting thesis she proposed. She said that when she sees young people acting in scenes where they must cry, she doesn't believe they look like they're really crying and he'd like to know why. She says it's because they just think, "Gotta cry, gotta cry", and they do which she thinks is totally unnatural. She thinks when you really cry, you think to yourself, "I mustn't cry! I mustn't cry!", and this results maybe in some laughter between the tears trying to hold them back. They go back and forth on this for a bit and it's a bit dry but I see her point and I agree with her actually. In a way this is kinda important for OP because it shows how Oda feels about his controversial crying scenes. He feels that the face of someone crying out of sympathy and someone with tears just running down their face are two completely different things. He believes manga is on the same page as acting. Oda is obviously very affected by crying scenes. He believes his 'master' Tokuhiro sensei (whom he apprenticed under) can draw amazing crying faces that just make you wonder, 'How can you draw a face like that?' Oda practiced hard and realized that you must feel the same as your characters in that scene. Oda says he doesn't do something as childish as simply drawing tears to make readers cry, first he has to be the one to cry, then and only then can he draw the scene, it's his policy. Tanaka says everyone in OP has such an excellent crying face. Oda agrees and says that even his woman have wet noses when they cry. He says that mucus is something that if you don't draw, you simply are not getting across the point and the feeling. In a fantasy world like OP, he says the one pinch of reality he wants to add is human emotion. If he doesn't do it, it will all fall apart.

Tanaka mentions it [mucus] also works for villains. She specifically mentions the Ener 'scene'! Oda says that from the very start he always drew Ener very cool and collected all for that one page. He was looking forward to the response it would draw that week.

Tanaka mentions that Morikawa did a great job as Ener and it's hard to believe he's the same guy who did Hacchan. Oda says that expressions are something he makes a big deal over. It makes the character's acting.

They talk at length about conveying expressions and feelings, mostly comedy, and Oda complements Tanaka for her opinions and experience. She says that it's a comedian's job to convey certain feelings like rushing to ride a train, missing it and then pretending like you didn't want to ride. Or tripping in public and acting like you meant to. Oda asks if there are differneces between the real expressions and the ones comedians must express and she agrees and admits it's a problem of adjustment for those acting to get it right. Oda believes it isn't important for a character to say what they're feeling as much it is for the characters around said character to bring out the feelings with their actions. Oda believes that having characters express themselves directly through lines just so that children can understand is no difference from reading a novel and he's not writing a novel, he's writing manga. You have to do it all with expressions.

Tanaka says she likes the drama in the series the best. Oda says he tries with all his heart to make the story "A battle with drama". He admits shonen manga really stems from feelings of 'I wanna be strong' and 'I wanna fight strong guys'. Oda says the reason he wants to go beyond that and infuse it with drama is because of Dragon Ball.

If all he drew was a battle comic it would be compared to DB and he would instantly be crushed in the history of manga. It was something he had to avoid in order to survive.

Tanaka recalls that Kappei read his lines from the scene where they part with Merry and it made her cry which she got mad about since it was before recording.

Oda reflects on the Merry scene and says that even for OP it's a huge leap into the realm of fantasy, a talking ship. When he drew it, of course he cried and worked extremely hard on it but he was deeply concerned about how people would accept it. He was surprised that it had such a deep emotional response from fans.

Tanaka wonders if it was even necessary considering the heavy impact of Luffy VS Usopp and comments on what a wonderful character is. Oda says he's the closest to a human in the series with everyone else being super human. He feels that as Usopp slowly gets stronger, his readers can feel the same way and get stronger too. Tanaka loves how when Luffy and team go off leaving Nami and Usopp behind then they both say, "Counting on you ;" Oda says there are certain things he wants to keep the same because it will just upset the balance. No matter who joins, he always wants Usopp to be the weakest, he always wants Chopper to believe Usopp's lies. There are just some weaknesses he wants them to carry.

They're asked if they have any requests for one another.

Oda takes a paragraph to say he wants Tanaka to stay the same and do as she always does. She asks if he means it since he says it so much. He says yeah, he even likes how she plays tricks on others because she thinks about how the person she plays tricks on will enjoy it later. Tanaka says she sometimes says too much because she ate the Pera Pera no Mi (a footnote describes it as a fruit she concocted that will let anyone say anything without reservation, the footnote also says 'it will not appear in the manga......or just maybe....'. perapera means speaking freely or speedily. )

Tanaka just requests that Oda keep up the drama because it's great for the 'Ma and Pa's' of Japan to enjoy. In response to this, Oda says he has a new ambition. He relates how many children grow up and read manga and then read it to their kids thinking about how nostalgic it is, but he admits there's a blank where most people just stop reading it in their life. He wants to erase that blank and make it so people can enjoy it throughout their entire lives. He wants parents and children to be on the same level of fandom. Tanaka questions whether or not he hasn't already succeeded. Her son is 20 and she and him have different opinions and discussions regarding the series. As a parent she loves Kureha's line, "Go on, ya idiot son!", and her son loves Hiruruk's line, "I enjoyed my life to the fullest!"


Tanaka: Since this began publication, readers who were in middle school are just about to get married aren't they?

Oda: Yeah. Readers now have their own families and until their children become old enough to read, I'll do my best continuing One Piece.

Tanaka: And I'll continue to put your words onto the screen.
POLICY SUPLEX HOLD!

Oda says this will be the last of the 'inside stories' in this series, obviously since the 10th Anniversary releases are essentially done now. This time he's not gonna give an 'inside story', rather his 'inside policy'.

This is really cool and something I didn't realize until now.

'So what's a pirate?', he asks. He says that when you ask someone to draw a pirate you'll get a dingy guy with a mustache, beard, hat and.....oh yeah.......the requisite eye-patch.

He draws a picture of a guy with an eye-patch and calls him a pirate. He draws the same picture WITHOUT the eye-patch and ponders, "Is he just some old dude?" He believes there's this image that 'Eye-patch = Pirate" just as much as "Afro = Champion".

Have you realized it yet?

There hasn't been a pirate he's drawn in all of canon OP with an eye-patch.

That's his 'inside policy'.

" 'The crap!!?? It's not like all freakin' pirates wear eye-patches! No way! You can draw 'em without resorting to that!', is kinda how I feel about it.", he says. By doing this, he says he didn't limit himself to a stereotype and started with a simple story about a adventure with a young boy at sea. If we all have an image of what pirates are supposedly to be like in our heads, Oda thought he'd simply draw how a boy gets to that point.

And here's the bait.

He says he's got nothing against eye-patches though. In fact....in the end of the giant tale that is One Piece....there will be a certain 'eye-patched pirate' that will appear. Just talking about it makes him excited to draw it.


Voila, Bonne lecture study


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Re: Interviews D'Oda.

Message par Gear 2nd le Jeu 15 Nov - 23:57

Merci bien pour tout sa ! Un vrai plaisir à lire ! Very Happy

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Merci à olliraph pour le super dessin de mon rang Very Happy
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Raleygh 009 le Dim 16 Déc - 3:19

Je me rencontre que j'avais oublié de mettre cette interview ci. Je répares donc mon oubli cape
Bonne lecture study

Interview de mars 2010 pour l'expo "Last Manga Exhibition":

C'est une interview d'Oda avec Takehiko Inoue.

Inoue : Il s'agit de notre première rencontre, n'est-ce pas ?

Oda : Eh bien, en fait il y a longtemps j'ai eu un autographe de vous.

Inoue : Vraiment ? Quand ?

Oda : C'était à la fête des Shueisha Tezuka / Akazuka Awards. Je venais juste de débuter et j'étais extrêmement nerveux. Vous m’avez également dessiné une illustration de Sakuragi Hanamichi. Je l'ai toujours.

Inoue : C’est vrai ? Je suis désolé, je ne m'en souviens pas. (Rires)

Oda : Pas de problème. Cette fête était une énorme session d'autographes pour tous les grands auteurs. (Rires)

Inoue : J'étais à Los Angeles à l'époque où One Piece a commencé et on m’avait envoyé le Shonen Jump.
Quand j'ai lu le premier chapitre de One Piece, je me souviens avoir pensé : « Wow, c'est le début d'un manga vraiment bon. » Je pensais que c'était une œuvre à ne pas manquer. Je n'avais pas ressenti ce genre de chose pour un manga depuis un moment, alors j'ai fait en sorte de le suivre.

Oda : À l'époque où One Piece venait de commencer sa sérialisation, j'avais vu une enquête dans un magazine qui demandait à des gens célèbres les manga qui les intéressaient.
Dans ce sondage, vous aviez choisi One Piece et déclaré : « L’auteur croit vraiment dans son travail ». J'ai presque littéralement sauté de joie, j'étais si heureux. J'ai eu une copie de cette page épinglée dans mon lieu de travail très longtemps.

Inoue : Je suis heureux que vous ayez été si heureux! (Rires)

Oda : Puis-je vous parler de quelque chose qui est lié au destin ?

Inoue : Qu'est-ce que c'est ? Vous me rendez nerveux.

Oda : Eh bien, je suis né à Kumamoto, et il y avait un magasin appelé la Maison Antique, non ?

Inoue : Oui, la boutique de vêtements usagés, non ? Cela me rappelle des souvenirs.

Oda : J'avais l'habitude d'y aller de temps en temps avec des amis pour acheter des vêtements. À l'époque où j'ai gagné le Jump’s Best New Artist award et venait tout juste d’être engagé par un éditeur, je parlais à l'un des commerçants et j’ai dit que je voulais être un mangaka. Il a répondu : « Si vous faites les choses en grand, vous serez le second né ici. » « Qui est le premier? » Demandais-je. « Takehiko Nariai (Takehiko Inoue est un nom de plume). Il avait l'habitude de travailler ici. »
Je ne pouvais pas y croire!

Inoue : Ha ha ha! Je me demande qui vous a parlé ?

Oda : Il s'est vanté que l'un des joueurs de Slam Dunk était modelé d'après lui (rires). Il a également dit que lorsque le magasin n'était pas occupé, vous étiez derrière la caisse enregistreuse à dessiner.

Inoue : Oui, et à ne pas faire mon travail du tout.

Oda : J'ai vraiment été surpris. J'étais comme, Wow! Inoue sensei était là! C'était juste une boutique où je suis allé et je n'avais jamais vraiment réfléchi auparavant. J'ai senti que cela devait être le destin et j'ai donc demandé à mon éditeur de travailler comme assistant dans votre studio. Il m’a juste répondu : « Il n'y a pas de possibilité. » Cela m'a vraiment ennuyé.

Inoue : Vraiment ? C’est un loupé. Nous aurions dû vous prendre comme assistant. (Rires)

Oda : Si j'avais été accepté dans votre studio, cela aurait sans doute complètement changé mon destin. Dans tous les cas, ce fut sans doute un tournant pour moi. J'ai toujours pensé que j’aurais aimé vous parler personnellement.

Inoue : Je vous remercie. Je m'en souviendrai.

M. Oda, Quand avez-vous commencé à lire Vagabond ?

Oda : Je le lis une fois le volume relié sorti. Bien sûr, j’ai tous les volumes. Depuis que la série a commencé, elle est à la mode parmi les jeunes mangaka. C'est tellement fascinant, avec des thèmes profonds... Plus que tout, je ne peux pas me passer de l’art d’Inoue sensei. Je me dis, jusqu’où peut-il aller ? Je vous suis depuis Kaede Purple (un one-shot).

Inoue : Eh bien, je suis sûr que je me suis amélioré depuis bien longtemps. Cependant, c'est bizarre, parce que quand je faisais Kaede Purple je pensais : « Hé, je suis un très bon artiste! » (Rires). Maintenant, cependant, ce n'est pas quelque chose que je veux montrer aux gens.

Oda : J'ai vu votre « Last Manga Exhibition » et, bien ... Je ne comprends même pas son sens - si c'est bon ou ce que c’est, parce que c'est juste trop élevé pour mon cerveau. Comment l'art de ce genre peut être réalisé ? C’est comme l'immense fresque de Musashi, c’est si grand et pourtant les proportions ne sont pas hors champ, même un peu.

Inoue : En fait, si vous regardez vraiment, vous verrez que les proportions sont faussées. Il y a encore des choses (dans l'exposition) qui m'inquiètent.

Oda : Je ne crois pas du tout! Chaque pièce est fantastique et à un niveau qui est au-delà de ma compréhension.
Dernièrement, j'ai me suis vraiment plongé dans la période Edo de l’art japonais. Les gens de l'époque Edo n'avait pas internet, de magasins de manga, et je ne pense pas qu'ils avaient autant de formes de divertissement pour occuper leur temps comme nous l'avons maintenant. Pour le revers de la médaille, je pense qu'ils ont été en mesure de se concentrer davantage sur leur métier et d’y consacrer plus de temps que les gens d’aujourd'hui en sont capables. Grâce à cela, ils ont accompli des choses à un tel niveau que le talent moyen ne peut égaler. Quand je regarde les peintures à l’encre de la période Edo, elles sont étonnamment bonnes. Avec un peu de peinture ordinaire, ils pouvaient créer des traits unifiés qui sont pleins de vie. Même l'art qui a été réalisé avec une habileté très finement aiguisé, et avec des informations (extérieures) éteintes, ne peut probablement pas reproduire cela.
Je pense que votre art a atteint ce genre de niveau de la période Edo. Je me demande comment une personne de notre époque peut dessiner ainsi. Ca me sidère.

Inoue : Je suis humilié! (Rires)

Oda : Et à « Last Manga Exhibition », il y a 150 de ces dessins, non ? Je ne peux même pas imaginer ça.

Inoue : Si vous mettez les gens sous pression, vous pouvez obtenir une quantité surprenante de choses.

Oda : J'ai été sous le feu des délais, et j'ai réussi à survivre à un certain nombre de fois, mais ... je ne pourrais pas aller aussi loin.

Inoue : Si c'est votre propre art, vous pourriez le faire.

Oda : Non, non, je ne peux pas! Je me retrouve toujours à me battre pour finir chaque page.

Inoue : Ah, je vois.

Oda : Je n’ai pas vraiment fini, mais j'arrive à un certain point et je me dis « OK, je suis fait ». Je ne peux pas sentir le moment où je peux réellement croire en mon espace blanc (la partie laissée « blanc » dans un dessin).

Inoue : Pour moi, cet espace blanc peut être très important. C'est difficile, n'est-ce pas ?

Oda : Je pense que c'est le sens artistique.

Inoue : C’est peut-être plus ma personnalité. Même avec un objectif en tête, se rendre à un certain point comme prévu ne m'intéresse pas. Alors quand je dessine, si je commence à penser que ça fonctionne, je peux arrêter là et dire que c’est fini. C'est un genre de personnalité de l’irresponsabilité.

Oda : Avez-vous une image mentale complète de ce que vous voulez avant de commencer ? J’ai entendu parler de gens extraordinaires qui ne s’arrêtent pas jusqu'au dernier trait et ils ont juste suivi cette image.

Inoue : Je ne suis pas sûr. Je suppose que j'ai une image dans ma tête, mais ce n'est pas tout à fait clair.

Oda : Pour moi, c'est tellement floue que je me demande si c'est bien une image complète. Mais quand je dessine j’obtiens une vision plus claire semblable à une carte et j'essaie juste de la suivre avec ma plume.

Inoue : Je pense que cela pourrait être proche de la façon dont elle l’est pour moi aussi.

Oda : Je ne suis pas en mesure d'atteindre le niveau des artistes qui peuvent dessiner des traits décisifs dès le départ. J'ai un ami artiste avec une mémoire photographique, qui n'oublie jamais un dessin après l'avoir vu une fois seulement.
Donc, une fois qu'il a dessiné un personnage, il peut dessiner le même personnage à nouveau sans référence visuelle du tout. C'est une capacité étonnante. J'oublie très vite les personnages que j'ai faits. Si je veux les refaire, je dois déterrer mon ancien travail et regarder à nouveau.

Inoue : Je suis pareil. Je regarde mes anciens personnages tout le temps. J'oublie parfois involontairement de dessiner des choses comme la barbe et d'autres détails.

Oda : Vraiment ? C'est un soulagement. Je sens que je peux continuer (rires). D'où puisez-vous votre ambition et la curiosité pour votre art ?

Inoue : Eh bien, c'est simple. Lorsque vous regardez vos anciens travaux, c'est gênant, non ?

Oda : oui, un peu.

Inoue : Je pense que cela vient du sentiment que vous pouvez faire mieux.

Oda : J'ai toujours pensé que j'étais un des artistes les plus ambitieux, mais après avoir vu « Last Manga Exhibition », j’ai l’impression que ce sentiment est inapproprié.

Inoue : Non, ce n'est pas du tout le cas. Depuis combien d'années One Piece a-t-il commencé ?

Oda : 12 ans.

Inoue : C'est incroyable. Faire une sérialisation pendant si longtemps, cela me donne le même sentiment.

Oda : Ce n'est pas vrai! Je pense que Slam Dunk est la longueur optimale pour une série longue sous forme de manga. Au départ, j'avais un plan de 5 ans pour One Piece ... Ca me prend plus du double.

Inoue : J’ai lu jusqu'au dernier volume 52, il ne me semble pas que cela va toucher à sa fin de sitôt.

Oda : Oui ... Grâce à (son succès), le plan de ma vie est en plein désarroi (rires).

Au cours de l’arc Kojiro, le style de Vagabond a changé, passant de la plume au pinceau. M. Oda, que pensez-vous à propos de ce changement ?

Oda : C'est vraiment cool. Même avec une carrière comme celle qu’a Inoue sensei, il est encore en pleine évolution. Ce genre de force de conviction est génial. Travailler au pinceau est incroyable.

Inoue : En fait, ce n'est pas quelque chose qui devrait être fait, n’est-ce pas ? Dans une longue œuvre en cours ça casse la cohérence.

Oda : Vous avez utilisé du pinceau avant cela, cependant, pas vrai ?

Inoue : Je l’ai utilisé dans certaines parties pour donner de l'effet. Mais la décision de commencer à faire la chose de cette façon était vraiment juste un sentiment. Quand j'ai commencé l'arc Kojiro, je pensais que, pour atteindre l'art que je voulais, je devais utiliser un pinceau, pas un stylo. Cela changerait l'ambiance de mon art, mais je n'étais pas particulièrement attaché à la cohérence globale de l’œuvre. J'ai fait confiance à mon instinct à l'époque.

Oda : Le logo du titre a également changé.

Inoue : Il fut un temps où je me demandais ce que Vagabond était vraiment. J'ai eu besoin de quelques changements afin de continuer à faire la série. Le logo est une de ces choses qui ont changé. La calligraphie au pinceau du logo jusque-là, cependant, était fantastique.

Oda : Quand un auteur décide « Il est temps de changer les choses », les gens sont très réceptifs, n’est-ce pas ?
Pour moi, avec One Piece au volume 50, j'avais décidé que c'était la fin d’une partie et j'ai changé ma façon de faire le logo du titre. Cependant, la réaction était étonnamment légère (rires). Les lecteurs - et je le dis dans le bon sens - ne semblent pas très préoccupés par le changement. Je pense que c'est pourquoi les auteurs peuvent sans doute se sentir libre de faire des choses plus dans la façon dont ils le souhaitent.

M. Inoue, comment voyez-vous l'art de M. Oda ?

Inoue : C'est plein d'un charme qui est tout le contraire de mon travail. C'est plein de vie, et a le pouvoir d'attirer les lecteurs sur des points précis. Comparativement, je suis un artiste qui aime « soustraire ». J'essaie de remplir les choses aussi peu que possible et de créer de l'espace négatif. Il y a beaucoup de cela dans « The Last Manga Exhibition ». Mais, j'admire vraiment la façon dont M. Oda fait son travail. Je ne ressens pas du tout que les coins sont coupés. Il doit être extrêmement difficile de réduire votre travail à la taille Tankobon (volume relié), non ?

Oda : Oui (rires). Je ne sais pas, mais je ne peux pas m'empêcher de dessiner beaucoup. Le format hebdomadaire est fixé à 19 pages, mais du point de vue de l’auteur je veux avancer l'histoire plus vite. Je prépare les choses autant que possible. Vouloir finir le plus vite c’est aussi pour pouvoir se détendre.

Inoue : Vouloir se détendre est quelque chose que je peux comprendre.

Oda : Je vis probablement dans la précipitation. Mes cases deviennent de plus en plus petites, et je ne dessine pas de cases inutiles. Mes scènes sont très chargées. Tout d'abord, il y a trop de personnages (rires). L'histoire est initialement à propos de 5 personnages, mais il y a tellement de choses que je veux faire que finalement c’est devenu ce que c’est aujourd’hui.

Inoue : Aviez-vous pensé à l’idée générale dès le début ?

Oda : Oui. La Fin de l'histoire n'a pas changé une seule fois depuis le début. Le problème c’est que je n'ai pas pu vraiment contrôler toutes les choses qui se passent sur le chemin vers la fin. Comment faites-vous pour votre propre récit ?

Inoue : Hmmm. Quand je commence, je ne pense pas du tout à l’idée générale ou à la fin. C'est vraiment impressionnant de voir comment vous pouvez y penser et y rester engagé depuis le début.

Oda : C'est vrai, c'est le seul point sur lequel j’ai pris une décision.

Inoue : Pour moi, je n'ai commencé que récemment à voir comment Vagabond allait tourner.

Oda : L'histoire de Vagabond suit des faits historiques, non ?

Inoue : Apparemment, les faits sur le duel entre Miyamoto Musashi et Sasaki Kojiro sur l'île de Ganryu sont vraiment rudimentaires. Cependant, l'histoire connue est plutôt favorable à Musashi. Tout ce qui est mentionné au sujet de Kojiro, c'est qu'il était un maître épéiste qui s’est battu contre Musashi. C'est pourquoi je pense qu'on peut imaginer que Kojiro aurait pu être sourd.

Oda : Hmmm. Le récit s'éloigne de l'original (« Musashi » roman de Eiji Yoshikawa) et va devenir quelque chose de différent ?

Inoue : Pas complètement, mais les pièces d'origine prennent le dessus. Je n'ai pas décidé de la plus grande partie de l'histoire globale, alors je ne passe à la partie suivante de l’histoire quand lorsque j'ai terminé celle que je fais. Je pense que je répète à peu près ce processus. La prochaine chose je sais que je vais aller vers telle direction, et parfois je me mets dans des endroits difficiles.

Oda : Mais partir sur des routes secondaires comme ça peut être étonnamment amusant, n’est-ce pas ?

Inoue : Oui, bien sûr.

Quel personnage (s) de Vagabond aimez-vous ?

Oda : J'aime tous les personnages de vieil homme en général. Ils sont vraiment attachants.

Inoue : Hahahaha!

Oda : Yagyu Sekishusai est particulièrement bon. Surtout est attachante la scène où il dit soudain : « Puis-je me vanter de mon petit-fils? » Ce qui est vraiment attrayant concernant le travail de Inoue-sensei c’est que, même lorsque les personnages se développent à travers des difficultés, leurs qualités attachantes demeurent. Le petit dialogue qui passe juste discrètement me fait rire. La scène où Musashi dit « Nyanko-sensei » (Chaton-sensei) m'a vraiment fait rire (rires).
Ce type de portait se fait d'une manière très naturelle, et permet aux lecteurs de vraiment accepter les personnages. Même en prenant des thèmes difficiles, je pense que la manière avec laquelle Inoue-sensei fait ses personnages a le pouvoir d'attirer un large public.

Inoue : J'aime beaucoup dessiner les personnages de vieil homme. Si je ne me contrôlais pas, tous les personnages seraient des hommes âgés. (Rires)

Oda : C'est amusant de dessiner les rides sur le visage, n'est-ce pas ?

Inoue : Une fois que je commence à les dessiner, je les dessine sans relâche. Je pense que nous aimons tous les deux dessiner des personnages très humains, n'est-ce pas ?

Oda : Je suis d'accord.

Inoue : Je pense qu’avec les personnes âgées, plus vous dessinez de rides plus ils deviennent humains. Plus vous en ajoutez, plus vous ajoutez à leur durée de vie - c'est le visage de la personne âgée, n'est-ce pas? C’est vraiment intéressant à dessiner.

Je pense une chose que ce que vous deux avez en commun, c'est que vous vous efforcez de dessiner vos manga pour transmettre quelque chose que vous voulez vraiment dire.

Inoue : C'est probablement vrai. One Piece en particulier, à la détermination de vouloir dire quelque chose. C'est presque débordant de cela.

Oda : Je sais que mes dessins sont très chargés, mais je me sens obligé de faire tout ce qui est là-dedans. Même si cela a un sens ou non, c'est du genre « C'est le son que j'entends maintenant! »

Inoue : Les sons résonnent et les voix des gens sont partout, il y a vraiment beaucoup de choses qui se passent en même temps dans les cases, n’est-ce pas ?

Oda : C'est la façon dont ça se révèle toujours.

Inoue : Dans One Piece, je reçois de façon puissante vos sentiments autour de tous ces sons, ces gens et ces sentiments à travers le monde. Cet axe de votre travail est puissant et ne se perd pas, et je pense que c'est peut-être grâce à cela que vous avez pu tenir ces 12 longues années à faire une série.

Oda : Je vous remercie beaucoup. La seule chose que je veux faire le plus dans mes mangas ce ne sont pas vraiment des histoires, mais ce sont ces modèles de personnages. Je pense ainsi : « Est-ce que ce style de personnage est possible? » Le temps que je passe à faire toutes sortes de conceptions différentes est amusant.

Inoue : C'est tout le contraire de moi.

Oda : Des choses comme la façon dont les muscles du corps pourraient aller avec une certaine structure du visage est quelque chose qui, en fin de compte, ne prête pas forcément attention (rires). Les moments où j'ai créé une silhouette de personnage que personne n'a jamais vu auparavant - ces moments-là me rendent le plus heureux. Et, une fois que je l'ai créé, je veux l'utiliser le plus rapidement possible. J’ai créé des épisodes pour cette seule raison ... je fais ça encore et encore, et l'histoire devient de plus en plus longue.

Inoue : C'est comme ça que vous avez fait votre route pour arriver à 52 volumes ?

Oda : Oui (rires). Quels sont les moments funs pour vous ?

Inoue : Les moments amusants sont en baisse pour moi. Le temps que je passe à dessiner les cheveux sauvages est assez amusant, cependant. Quand je fais des progrès exceptionnels, tout le temps que je passe à dessiner est agréable, mais récemment, je n'ai pas vraiment eu cette impression très souvent. Je me sens un peu comme si j’étais arrivé à un point où je suis face à une crise imminente.

Oda : crise imminente ?

Inoue : Oui. La création de manga est censée être quelque chose que vous faites parce que vous l'aimez, non? Rien ne vous passionne plus que de dessiner des manga, de sorte que vous pouvez continuer peu importe la difficulté de faire certaines choses.

Oda : Oui.

Inoue : Cependant j'en suis venu à un point où, dans l'équilibre entre les moments difficiles et les moments de plaisir, si le plaisir dans le travail diminue trop, je ne suis plus en mesure de continuer. En ce moment je suis en train de trouver en quelque sorte mon chemin à travers cela, parce que je sais que je dois dépasser ça.

Oda : Pour ma part, je pense que je n'ai vraiment eu aucun sentiment de crise avec mon travail.

Inoue : C'est très évident à la lecture de One Piece. Je suis sûr que vous avez vos propres choses à régler, mais je pense que c'est un long chemin que ce genre de sentiment de crise. Pour moi, je pense que je suis vraiment tiré par Vagabond. C'est comme si la nature même du travail m'affecte. Je passe des moments terribles à penser à des choses qui n'ont pas de réponse. Je pense que ce sentiment pourrait changer si je dessinais quelque chose de plus heureux, une forme plus simple de divertissement.

Oda : Ressentez-vous un changement de rythme quand vous revenez en arrière et passez entre Vagabond et Real ?

Inoue : Oui. Il y a une partie de Real qui me sauve. Je ne peux pas dire que c'est amusant, mais par rapport à Vagabond, c’est beaucoup plus facile à travailler. Je peux avoir des idées en marchant simplement dans la rue.

Oda : Vous ne rencontrez pas normalement des maîtres de sabre dans les rues.

Inoue : Exactement (rires).

Oda : C’est peut-être un peu tard pour poser cette question, mais qu’est-ce qui a fait que vous avez décidé de faire l'histoire de Musashi ?

Inoue : Au début, ce n'était pas vraiment une chose importante. Quelqu'un m’a recommandé le roman de Eiji Yoshikawa sur Musashi, et c'était une très bonne lecture. C'était environ un an après que Slam Dunk ait pris fin, lorsque je ne faisais pas de série. Je voulais travailler sur quelque chose et j’ai pensé que je voudrais essayer de faire cela en manga. Donc, j'ai fait une proposition, tout s'est bien passé, et j'ai eu le feu vert pour le faire. Au début, j'étais complètement paumé et je ne savais pas que ça allait être si difficile de faire quelque chose comme ça. J'ai juste commencé à le faire avec presque aucune idée sur les connaissances, l'énergie et la technique nécessaire, et j’ai dû faire un travail historique. Ce fut un véritable combat.

Oda : Si vous n'aviez pas sérieusement fait des recherches sur des documents historiques et sur les choses que vous ne pouviez pas faire, l’auriez-vous fait ?

Inoue : Si je n’avais pas pu avoir fait cela, j'aurais abandonné. Nous avions même lancé l'idée d'avoir un spécialiste pour vérifier l'exactitude historique, mais à la fin j'ai décidé que je ferais en suivant ma propre vision et créerais ma propre version de Musashi.

Oda : Les personnages sont-ils les mêmes que ceux du roman original ?

Inoue : Les personnages sont à peu près les mêmes, mais leurs personnalités sont très différentes.

Oda : Le massacre des 70 Yoshioka était incroyable.

Inoue : Dans le roman original, Musashi bat le gars le plus fort, puis finit par abattre une poignée d'autres qui attaquent quand il s’enfuit. Mais il m’a semblé qu’ainsi il n'y avait pas beaucoup de défi (rires). Alors j'ai pensé, « Et s’il les tranchait tous - les 70 d'entre eux » Du volume de 25 à 27 au cours de la lutte contre Yoshioka, Musashi m’a réellement permis de trancher 70 personnes.

Oda : Vraiment ....?

Inoue : Au milieu de ceci, je me suis demandé en quelque sorte pourquoi je faisais cela. Mais je me suis battu et j’ai dessiné la chose entièrement.

Oda : Sans les traits audacieux de votre art, cela n'aurait pas fonctionné. Ca n'aurait tout simplement pas pu tenir ensemble.

Inoue : Lorsque j'ai décidé de dessiner l'abattage de 70 personnes, j’ai du absolument mettre l'énergie nécessaire dans le dessin. Quand j’ai travaillé sur ce passage, on peut dire que j'étais en réglage tout le long, mais c’est un passage où mon art a progressé très rapidement.

Oda : Est-il parfois difficile pour vous de dessiner des scènes de personnes abattues ?

Inoue : Oui, c'est vrai. Pour dessiner une scène dans laquelle beaucoup de gens sont morts découpés... Il n’y a plus vraiment de simple victoire ou de défaite. C'est une bataille, alors bien sûr il y a un gagnant et un perdant. Cependant, j'ai fini par douter de la valeur de la victoire. Si vous doutez de ce que vous faites, vous ne pouvez pas dessiner le manga, n’est-ce pas ? Je pensais, remporte-t-il vraiment la victoire ? Est-ce une bonne chose ? C'était dur parce que j'ai été troublé par ce sentiment contradictoire. Cependant, j'ai découvert que dessiner une scène dans laquelle 70 personnes sont découpées avec précision fait éprouver ce sentiment.

Oda : L’art suinte et se mélange avec la souffrance que vous avez ressenti tout en dessinant. Vous pouvez même voir les auteurs se fondre dans leur art. Jusqu'à ce que je vous rencontre aujourd'hui, je pensais que vous deviez probablement être une personne proche de Musashi.

Inoue : Je suis tout à fait différent, n'est-ce pas? (Rires). Beaucoup de gens ont cette image de moi comme d’un moine ascète, mais ce n'est pas du tout le cas.

Oda : Avant que nous nous rencontrions pour parler d'aujourd'hui, je suis allé demander à un mangaka que je connais qui vous avait rencontré : « Alors, est-il effrayant ? »

Inoue : Hahahaha! Vraiment? A-t-il dit que je faisais peur ?

Oda : Non, pas du tout. Mais pour ma génération de mangaka, nous sommes intimidés juste en entendant le nom de Takehiko Inoue (rires). Je pensais que si vous étiez une personne effrayante comme Musashi, je n’aurais même pas été capable de parler avec vous ... Maintenant que je vous ai rencontré, je suis soulagé de voir que vous êtes une bonne personne.

Inoue : Quand je lisais One Piece, je me demandais quelle est l'origine du concept.

Oda : Concept ?

Inoue : Oui. Une aventure de pirates vivante, qui est pleine de bruit partout et habitée par toutes sortes de personnages originaux. Ce n’est limité par aucune contrainte, c’est libre et spontanée. C'est un style qui n'a pas vraiment été vu auparavant dans les bandes dessinées japonaises. D'où vient cette idée ?

Oda : Hmmm. Il a toujours été étrange pour moi qu'il n'y ait pas de shonen manga de pirates. La chose la plus proche que je connaisse c'est ce vieux dessin animé Vicky le Viking. Les garçons, même s’ils deviennent vieux, ont envie d’aller à la mer et à la recherche d’un trésor. Juste des navires en mer fait monter l’excitation, n'est-ce pas? Mais pour une raison quelconque il n’y avait pas de manga de pirates!

Inoue : Je vois.

Oda : Je voulais lire des mangas de pirates depuis que je suis gamin, donc si je devais dessiner des manga , j'ai décidé que j'allais utiliser un motif pirate. Cela n'avait rien à voir avec l’idée de savoir si ça allait se vendre ou pas. Je voulais simplement dessiner des mangas que je voulais lire. De plus, j'ai pensé que c'était bizarre que Shonen Jump n'ait pas eu un manga de pirates. Après tout, leur logo est un pirate!

Inoue : C'est donc ça! (Rires). Maintenant, c'est comme si vous aviez créé la signature propre du Shonen Jump. Exceptionnel!

Oda : Pas du tout. Par rapport à vous j'ai encore un long chemin à parcourir.

Inoue : Non, non, vous êtes trop modeste (rires).

Est-ce que vous deux vouliez faire, en substance, du divertissement ?

Oda : Dans mon cas, oui. Si je ne peux pas le rendre amusant pour les lecteurs, il n'y a pas lieu de faire des manga. Ce ne serait pas amusant pour moi non plus. Je ne sais pas comment c'est pour d'autres auteurs, mais il s'agit de créer du plaisir pour les lecteurs et pour moi. Savoir que je fais ou non du divertissement n'a jamais été une question pour moi. Je veux dire, comment pourrais-je être plus heureux qu'ainsi ? Je dessine des manga que j'aime, et en faisant plaisir aux gens. Y a-t-il mieux que cela ?

Inoue : C'est fantastique.

Oda : Je ... n'est-ce pas le cas ?

Inoue : Non, non, je ne me moque pas de vous (rires). C'est exactement comme vous l'avez dit. Les meilleurs manga sont certainement ceux qui sont amusants à la fois pour le lecteur et l'auteur.

Oda : Les manga ne servent à rien s'ils ne sont pas divertissement, pas vrai ? C'est bien beau d'avoir quelque chose à dire, d'avoir un message, mais à la fin si le manga n'est pas agréable le message ne passera pas de toute façon. Prenez Vagabond - Je pense que les dernières parties constituent particulièrement le plus haut niveau de divertissement.

Inoue : C'est vraiment agréable à entendre. Si je n'avais pas l'intention de publier, et que je savais que personne ne lit, je n'aurais probablement pas dessiné des manga.

Oda : Je suis d'accord.

Inoue : Ce qui est étonnant au sujet de One Piece de M. Oda, c'est que les yeux de Luffy sont des points. C'est vraiment quelque chose. M. Oda a dit: « Quelque chose qui est vraiment bon, c'est toujours bon sans ajouter ceci ou cela. » Je pense que c'est une expression qui est vraiment représentatif de lui. La croyance inébranlable dans son travail est consolidée dans la façon dont il dessine ses yeux noirs. Je parie que son rédacteur en chef et le personnel autour de lui a dit qu'il devrait éclaircir les pupilles, ou qu'il devrait dessiner des lignes plus épaisses et toutes sortes de choses comme ça, mais il ne bougea pas d'un pouce.

Oda : Oui, au début, on m'a dit beaucoup de choses.

Inoue : Et vous n'avez pas renoncé, vous continuez avec les points, et vous avez produit d'excellents résultats. C'est brillant. Votre inspiration originelle de vouloir dessiner un passionnant manga de pirates est ce qui a mis la vie dans les yeux de Luffy. Quand j'ai lu le premier chapitre j'ai pensé : « Ce gars-là sait ce qu'il fait! ».

Oda : Wow, vous êtes en train de me faire rougir (rires).

M. Oda, si jamais vous avez la chance de faire une exposition d'art de votre choix, quel genre d'exposition souhaiteriez-vous faire?

Inoue : Vous n'avez pas besoin d'une chance ou quoi que ce soit, tout ce que vous avez à faire est de dire que vous voulez le faire, et tout le monde autour de vous sautera probablement dessus.

Oda : Pour vous dire la vérité, j'ai un certain intérêt pour cela. Lorsque One Piece sera fini, il y a beaucoup de choses que je voudrais essayer de faire, y compris une exposition. Cependant pendant que je travaille sur la série, je n'ai pas vraiment la capacité de travailler sur d'autres choses. Je pense que c'est vraiment étonnant que vous puissiez faire une exposition d'art comme celle-ci au milieu de la sérialisation de Vagabond!

Inoue : Eh bien, j'ai mis Vagabond en pause (rires).

Oda : Mais juste être capable de faire quelque chose tout en se consacrant à autre chose ... En plus de cela, être capable de dessiner les personnages de votre série dans un cadre comme ça ... Je ne peux pas faire face à ce genre de force. En tout cas, ma série One Piece est tout pour moi. Quand ce sera fait, je pense que je pourrais commencer ma vraie vie (rires).

Inoue : Quoi ? Vous voulez dire que ce n'est pas maintenant ?

Oda : En ce moment je vis pour mes lecteurs.

Inoue : C'est fantastique!

Même en disant que, si, ce faisant une exposition devenait une réalité pour vous, quel genre d'exhibition voudriez-vous faire?

Oda : Ce serait un gâchis d'avoir quelque chose qui est simplement de regarder des illustrations. Je voudrais faire quelque chose de plus dans le champ des arts et de l'artisanat et construire des choses. J'aime utiliser mes mains pour construire et mettre les choses ensemble. Je pense que je voudrais vraiment faire quelque chose avec des modèles 3D.
Avez-vous pensé à de nouveaux genre d'exhibitions ?

Inoue : Hum, eh bien ... je ne pense pas que « The Last Manga Exhibition » représente mon être et l'oméga. Sur le plan thématique, cependant, je suis allé aussi loin que je peux aller, donc je ne pense pas que je pourrais faire une autre exposition comme celle-ci. Si j'en fais un autre, il faudrait quelque chose de complètement différent. Je pense que c'est probablement très loin, cependant. En ce moment ma position est que « The Last Manga Exhibition » est la dernière. Je l'ai dit plusieurs fois à de nombreuses personnes, mais je pense que cette exposition a pris sa meilleure forme possible pour le moment. J'espère vraiment que vous pourrez venir à Kumamoto pour la voir.

Oda : Seulement Kumamoto ? Vous devriez l'exporter aussi à l'étranger! Comme à New York! Je parie que les gens l'adoreraient. M. Yoshitaka Amano a en fait une à New York et elle a eu un énorme succès. Les gens là-bas aiment les samouraï et tout ça, non ?

Inoue : Oui, mais il y a aussi les dialogues. Je ne sais pas si je peux transmettre ça bien. Vous avez besoin de savoir des choses à propos de la lecture et de la compréhension du manga aussi.

Oda : Prenez le risque et n'expliquez rien du tout, et il suffit de laisser les dialogues en japonais. Laissez-les sentir la chose comme les lecteurs ici.

Inoue : Je vois. Peut-être juste avoir une traduction à côté ... C'est quelque chose à penser.

Oda : S'il vous plaît, montrez votre travail au monde entier! Vagabond est la fierté du Japon.

Inoue : Non, quand les gens disent, « Ce serait One Piece! » Il n'y a pas de comparaison (rires). Je suis vraiment content d'avoir eu la chance de parler avec vous aujourd'hui. S'il vous plaît venez à l'exposition « Kumamoto Last Manga Exhibition. »

Oda : Je vais rendre visite à ma ville natale et j'irai la voir!
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J'édite afin de poster une nouvelle interview d'Oda toute récente celle-ci vu qu'elle a lieu pour la promotion du douzième film "Z". Interview assez intéressante pour le coup Razz

Interview du 22 novembre 2012 pour la promo de "Z":


Comment s’est passée la préparation de « One Piece film Z » ?
Très bien ! Étant moi-même un grand amateur de l’anime, je sais pertinemment que même si je peux tout voir jusqu’au storyboard, en définitive, l’image ne sera jamais parfaite. Mais là, j’étais plutôt genre « ouah ! c’est devenu ça ? », bref, je peux dire un grand merci à Tatsuya Nagamine. (NDT : le réalisateur)

Le résultat vous a plutôt convaincu du coup ?
Oui, vraiment.

- Il paraît que vous avez pleuré pendant l’avant-première.
On ne peut que pleurer devant ça ! (rires) La chanson d’ouverture, « kaidou (NDT : la route de la mer)» est vraiment bien. La première fois que je l’ai écoutée, je me suis toute de suite dit « elle est trop bien », « elle va en faire pleurer plus d’un ». Les paroles ont été écrites par le scénariste Osamu Suzuki et la musique est de Tanaka Kôhei. Du coup la chanson colle parfaitement à l’histoire… et c’est génial.

Vous aviez pu voir les paroles ?
Oui, ils m’ont laissé les superviser.

Le chant de la marine… On peut dire que c’est un chant de guerre, non ? Il n’y en avait jamais eu avant, n’est-ce pas ?
Je ne crois pas… La marine n’avait pas de chanson dans le passé.

Est-ce que pour le prochain, le film se mélangera à l’œuvre originale ?
Hum, ce n’est pas prévu, non. Dans ce film, je ne pouvais pas dessiner depuis l’œuvre originale, il devait être tel quel. Pour la mise en scène, quand les animateurs en avaient besoin, ça ne me dérangeait pas qu’ils utilisent des parties du manga. Il n’y a donc pas eu de problèmes de ce côté.

Quelles sont vos impressions sur ces trois années de mise en œuvre pour réaliser ce film ?
Je suis vraiment… fatigué ! Mais vraiment. Nous sommes tant bien que mal parvenus à le terminer et j’ai plutôt l’impression qu’on m’a vidé de toute substance vitale (éclat de rire) !

Lorsque l’on vous a vu entrer dans la salle pour l’avant-première, vous aviez la tête basse et sembliez vraiment fatigué…
Non, en fait je stressais… Je me demandais ce que ça allait donner, j’étais vraiment nerveux. Non, vraiment, je ne suis pas habitué à laisser les gens s’occuper de tout ! Pour le manga, je fais et refais tout moi-même jusqu’à ce que ça me plaise. Ça ne va pas toujours comme je veux, mais, là c’était pour un film ! Ce monde n’est pas fait pour moi (rires) ! C’est beaucoup de responsabilités que de donner des directives aux gens. Mais au final, le résultat dépend de leur travail. J’ai fait ce que je pouvais faire, du coup j’ai dû laisser des projets et des tâches à d’autres. C’est pourquoi, le jour où je voyais enfin le résultat de tout ça, oui, j’étais très nerveux.

C’était un peu comme ouvrir un kinder surprise, pas vrai ?
Oui, c’est ça (rires).

Le doubleur de Sanji, Hirata Hiroaki, avait dit après la sortie de « Strong World » qu’il ne ferait plus les films de One Piece, or on le retrouve quand même dans cet opus, pensez-vous que c’est le charme du film qui l’a fait changer d’avis ?
Le charme, entre autres oui (rire). Vous savez, moi je veux juste dessiner mon manga… vraiment !

Tout comme votre implication dans « Strong World », l’univers dans lequel se passe le film est assez proche du manga original, beaucoup de personnes disent que ça a fait monter le prestige de la série encore un cran au-dessus.
Je pensais que si je m’impliquais un peu, le film ne serait pas bien, puis je me suis fait happer par l’équipe et personne ne m’a fait de remarques ou de reproches. Bref, quand je pense que ça va mal se passer, ça se passe bien !
J’ai aussi compris que si on laissait passer des choses, ça se passait mieux, les commérages ou les ordres un peu brusques par exemple. Mais c’est aussi avec ce rôle de donneur d’ordre qu’on peut remettre quelqu’un à sa place. Je préfère suggérer à ce genre de personne qu’il peut faire quelque chose de bien s’il s’en donne la peine en lui expliquant le processus de création d’un film, pour qu’il trouve sa voie aussi. C’est ce que j’ai toujours fait, même si je n’ai pas rencontré beaucoup de gens imbus de leur personne, et heureusement…

Quand vous étiez sur « Strong World », pour la première intrigue, c’est vous qui aviez dessiné les animaux, et finalement il a été décidé qu’on garderait vos croquis.
Ça, c’est parce que je ne m’arrête jamais, même pour moi (rire). L’un de mes grands principes est l’atteinte de la perfection, donc une fois que j’en avais commencé un… enfin… ce n’est pas que je n’ai pas confiance envers les autres, c’est juste que je veux tout faire moi-même. C’est pour moi ce qu’il y a de plus intéressant. Alors c’est ce que je fais.

Pour ce nouveau film, vous avez laissé la main à Suzuki Osamu pour le scénario. Est-ce que cela a changé quelque chose par rapport à votre implication ?
Cette fois, je n’avais pas décidé dès le départ que je m’impliquerais, ça s’est fait comme ça. Nous avions échangé des scénarios, mais ce n’était pas prémédité. Nous avons juste fait ce que nous pouvions de notre côté. Nous nous disions souvent « Bien, que peut-on faire à partir de là » et il y avait aussi beaucoup de choses que nous n’avions pas besoin de changer. En définitive, j’avais mon mot à dire pour protéger mon travail à l’étape du story-board et ça fonctionnait très bien. Même s’il y avait eu une personne pour dire quelque chose sur la mise en scène, le scénariste peut la modifier au dernier moment. Donc sans voir les derniers story-boards, je savais que tout se passerait bien et que je n’aurais pas de mauvaise surprise sur les répliques ou autre. Si je touchais au script, le scénariste pouvait tout changer derrière, c’est pourquoi j’ai demandé à ce que mes changements soient pris en compte en fonction des siens. C’est pour ça qu’on m’a appelé le « producteur général »… Oui… enfin pas trop quand même. On m’a même présenté comme « le producteur général Eiichiro Oda » pendant un événement. Il y a eu de grands cris de joie qui m’ont fait reculer d’un coup (rires). Je me suis dit « Attendez un peu… Ça n’a rien à voir avec la production de 2009 pourtant ! ». Je n’oublierai jamais la peur que m’ont fait ces grands cris. On attend beaucoup de moi, pas vrai ? Donc je dois être encore plus ardu à la tâche !

Suzuki Osamu avait proposé le titre « neo kaigun (NDT : néomarine) », qu’en avez-vous pensé ?
Huum… Quand j’y repense maintenant, je le trouve drôle. Mais ce n’était pas clair dès le départ et comme je n’avais pas mon mot à dire, je n’allais pas enlever les trucs drôles, on avait l’impression que Suzuki Osamu disait des bêtises, mais, on touchait vraiment à l’image du film. Et « Z » restait la meilleure solution sans aucun doute. Mais c’était limite quand même… Si on s’était trop écarté, cela aurait posé des problèmes avec le manga original (rires). Mais il y a plein de choses cachées dans l’ombre. En réalité, Suzuki m’a dit être un grand fan et du coup … je ne pouvais pas m’empêcher de lui dire ce que je voulais faire. Je n’arrêtais pas de penser « laisse-moi faire ça !! ». On échangeait nos idées et souvent il terminait par un « mais oui ! je n’y avais pas vraiment réfléchi en fait… » (rires).

J’ai entendu dire que vous aviez parlé avec Suzuki Osamu des futurs plans de la marine.
C’est vrai. Quand on parlait tous les deux, je ne lui disais pas que dans le manga, Aokiji se battait avec Akainu par exemple, alors quand je le lui disais après, il s’écriait « ah bon ? c’est vrai ? » et c’est comme ça qu’on parlait de la série.

Quoiqu’il en soit, la réputation du manga original est sauve, c’est pour ça que vous vous êtes permis de le mélanger à Z pour le rendre plus intéressant.
Je voulais d’abord faire ce que Suzuki voulait faire, c’était la ligne de conduite du projet. Je n’y ai pas plus réfléchi honnêtement. Si c’est encore plus drôle et intéressant, c’est encore mieux alors.

Vous aviez dit vouloir définir les caractères de la bande de chapeau de paille de la même façon que dans le manga, c’est vrai ?
Cette proposition est aussi venue de la façon de faire de Suzuki, mais aussi de la façon dont est composé One Piece. Des choses comme « Luffy ne s’énerverait pas autant », ou « il ferait plutôt comme ça à ce moment-là », etc. Je me dis que peu importe combien on aime ce qu’on fait, il arrive souvent que cela gêne pas mal de personne que les personnalités changent d’un coup. Alors j’ai quand même dû dire que Luffy répondait de telle ou telle façon. On me répondait « Si c’est comme ça, eh bien c’est comme ça. » et c’est comme ça que tout s’est bien passé.
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Maddog le Dim 16 Déc - 3:47

Très intéressant, pour le coup, je vais revenir sur la dernière Q/R

Spoiler:
Vous aviez dit vouloir définir les caractères de la bande de chapeau de paille de la même façon que dans le manga, c’est vrai ?
Cette proposition est aussi venue de la façon de faire de Suzuki, mais aussi de la façon dont est composé One Piece. Des choses comme « Luffy ne s’énerverait pas autant », ou « il ferait plutôt comme ça à ce moment-là », etc. Je me dis que peu importe combien on aime ce qu’on fait, il arrive souvent que cela gêne pas mal de personne que les personnalités changent d’un coup. Alors j’ai quand même dû dire que Luffy répondait de telle ou telle façon. On me répondait « Si c’est comme ça, eh bien c’est comme ça. » et c’est comme ça que tout s’est bien passé.

Spoiler:
Je suis assez content qu'Oda leur ait "conseillé" de ne pas changer les habitudes de l'équipage, personnellement ça m'aurait plus que dérangé si Luffy aurait réagit différemment de ce qu'on attends de lui.

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Re: Interviews D'Oda.

Message par Raleygh 009 le Dim 10 Mar - 4:26

JEUDI 20 DECEMBRE:
Et une interview, Une cat
Et oui je vous ai encore dégoté une interview de maitre Oda Razz

Celle-ci est faite avec un de ces grand fan, Takuta Kimura. C'est un chanteur acteur japonnais assez réputée qui se dit lui-meme pur fan de One piece.

Interview du juin 2011:

Kimura : Alors l’autre jour j’ai été en mesure de me rendre aux zones sinistrées pour une émission télévisée. Et nous y étions pour cuisiner à manger pour les gens. Et des gamins qui doivent avoir l’âge d’être au lycée sont venus me voir et ont au hasard lancé la conversation en disant des choses comme, « Juste pour que vous sachiez, j’aime One Piece plus que vous. » Apparemment il y a beaucoup de gens dehors qui me cherchent pour le coin « Roi One Piece : Bataille Décisive » dans SMAPxSMAP [show de variété japonaise populaire]. Ils disaient tous des choses comme, « Je vais te battre mec ». Et moi de répondre, « Vous pensez avoir ce qu’il faut ? Alors amenez-vous. »
C’était en soi assez drôle car nous avons fait comme des idiots un va-et-vient pour ça, mais grâce à ça, j’ai commencé à repenser au ‘pouvoir’ que ce manga appelé One Piece possède. Moi personnellement, j’ai l’impression que One Piece est un manga qui donne beaucoup de force aux gens.

Oda : Wow, ça me fait vraiment plaisir. Tous mes espoirs sont abordés dans cette histoire. Je pense sincèrement que c’est le rôle d’un auteur de manga de relier les gens. Donc je suis vraiment heureux qu’une sorte de lien entre de parfaits inconnus puisse se développer de cette façon.

Kimura : Si vous pensez à quelque chose qui relie les gens, dans ce genre, One Piece est incroyable. Par exemple, je tournais pour un drama télévisé pour lequel je faisais de nombreux aller-retour entre Nemuro et Tokyo pendant quelques mois. Et il y avait cette femme qui travaillait à l’aéroport et qui voulait toujours me donner des cadeaux, en me disant « Allez-y. » Et c’étaient tous des sangles One Piece pour téléphone portable. Elle me disait « Ce sont des éditions limitées de Chopper de la préfecture d’Hokkaido » en étant toute fière et tout. Je pense que ça fait partie de ça, mais One Piece promouvoit totalement la motivation chez tout le monde.

Oda : En fait vous savez, je vous en suis très reconnaissant Kimura-san. Car depuis que vous avez dit que vous aimiez One Piece, comme manga, il a vraiment pris un tout autre niveau.

Kimura : Mais voyons, je ne pense pas que ce soit vrai.

Oda : Non c’est complètement vrai. (rires) Quand vous avez dit que vous l’aimiez, Kimura-san, les gens dans la société ont été capables de dire, « Oh, alors, ça va de dire que j’aime One Piece » . Spécialement les fans féminines qui l’ont crié sur tous les toits après ça.

Kimura : Vous croyez ? Vous êtes sûr que les femmes ne peuplaient pas la communauté des fans à leur façon ?

Oda : Il est vrai qu’elles étaient là dès le début. Mais elles étaient là sans pouvoir l’admettre à leur entourage, qu’elles aimaient One Piece. Mais parce que vous avez dit par hasard à quel point vous aimiez One Piece, à la fois les garçons et les filles se sont dits, « Oh, c’est bon d’admettre que j’aime lire ça. » Et ça, c’est grâce à vous Kimura-san. Parce que vous avez dit haut et fort que vous appréciez ça [la série], ça s’est propagé chez tellement de gens. Vous avez en quelque sorte briser le mur de la meilleure des façons qu’il soit, et je vous en suis très reconnaissant pour ça.

Kimura : Même si vous le dites, le manga en lui-même est la plus grosse des forces. Peu importe le scénario que je lis, je ne pleure pas habituellement. Mais avec One Piece, ça sort de nulle part, des fois je me dis, « Woah, qu’est-ce qui m’arrive ? » Après avoir fini de lire et d’être retourné au monde réel, je me dis que je peux emporter du courage, de l’amitié, de la vraie force et ce genre de choses avec moi. Je pense que c’est génial. D’ailleurs, les mots, les phrases sont surprenants. Les dessins sont bien entendus très émouvants mais les mots représentent probablement 60% [du plaisir] et les images 40%. Maintenant si vous m’autorisez à parler franchement Odacchi, oh c’est sympa de vous appeler Odacchi, je peux ?

Oda : Tout à fait. Je préfère. (rires)

Kimura : Si vous écriviez des choses comme des scénarios pour des dramas télévisés ou des films, ils seraient vraiment bons. Bien sûr aussi longtemps que votre sérialisation continuera, je suis sûr que vous n’aurez pas le temps pour ça.

Oda : Impossible, je suis flatté mais je n’ai pas le talent pour ça. Vous me surestimez. (rires) En fait, il y a 2 ans j’ai été amené à écrire le scénario d’un film One Piece, et j’ai appris à quel point c’était [ce genre de boulot] vraiment effrayant. D’autant plus que dans mon cas, les mots viennent seulement avec les images. Ils ne viennent pas à moi séparément. Donc je ne peux pas voir ce qui viendra après à moins que je dessine les images en premier. Si j’essaye d’écrire un groupe de mots qui s’accordent ensemble [en une histoire], les scènes ne s’associeront pas bien avec les phrases. C’est quelque chose que j’ai appris dans la douleur.

Kimura : Aïe. Comme vous avez tous ces personnages et que vous pouvez créer tout ce dramatique, j’ai vraiment cru que si vous écriviez l’ensemble d’une production, ça serait vraiment génial.

Oda : Kimura-san, vous lisez ça sous le format des tomes, non ?

Kimura : Ouais, c’est parce que je veux y lire à mon propre rythme. En parlant de ça, il y a comme une sorte de coin à commentaire de l’auteur à l’intérieur de la couverture des tomes. J’adore tellement. Je ne sais pas si c’est bon de dire ça en face de la vraie personne, mais voir à quel point ils sont supers c’est extra. (rires)

Oda : Quoi ? Vous voulez dire que vous lisez ça attentivement !?

Kimura : Cette partie est trop importante. Quand vous écrivez autant de manga, les gens pourraient commencer à vous appeler ‘Oda-sensei’ mais quand vous écrivez des choses si extra et stupides. C’est comme si on se sentait proches de vous ou c’est plutôt comme si on comprenait mieux le vrai Odacchi, et ça c’est cool. Comment vous avez passé votre enfance, et ce que vous en pensez, on peut en obtenir un aperçu avec juste ces quelques lignes. C’est pourquoi j’aime personnellement plus ça que les SBS. Je veux dire regardez, les SBS sont votre moyen de communication avec les lecteurs n’est-ce pas ? C’est comme si vous disiez, « Voici comment je frappe dans un lancer de balle droit sournois. »Mais les commentaires en couverture sont totalement uniques. Là vous êtes celui qui lance les balles.

Oda : Ouais, je les néglige un peu, pas vrai ? (rires) Alors que pensez-vous de mon récent super niveau ? Ça vous plait ?

Kimura : Absolument. Cette hyper stupidité est vraiment meilleure.

Oda : Mais ce que vous avez dit est juste Kimura-san, au moins pour les gens [travaillant] proches de moi, aucun d’eux ne m’appelle ‘Oda-sensei’. Car ça créerait une barrière et ça rendrait difficile de forger de l’amitié entre nous, donc j’y ai mis un terme. C’est le même genre de sentiment qui est exprimé dans la section de la couverture interne. Je suppose que c’est un peu comme si vous étiez un auteur de manga, et que vous ne disiez rien mais que vous dessiniez des choses sympas, vous vous créez donc une sorte de charisme. Mais ça ce n’est pas moi, je préfère être proche des lecteurs, sincère avec moi-même, en montrant à tout le monde à quel point je suis stupide. Voilà pourquoi les lecteurs se moquent autant qu’ils peuvent de moi (rires). Même quand je me suis marié les gens n’arrêtaient pas de dire des choses comme, « Je suis surpris que quelqu’un comme vous a pu trouver une femme. »

Kimura : Nan c’est parce que vous avez écrit à quel point votre femme ressemblait à Nami. (rires) En y repensant du point de vue des lecteurs ils devaient se dire, « Cette saloperie de chanceux a épousé une femme qui ressemble à Nami !? » Dans tous les cas, le fait qu’ils vous voient comme quelqu’un de proche est assez surprenant.

Oda : Eh bien, je n’étais pas celui qui avait écrit ça. [En fait c'était Nobuhiro Watsuki, l'auteur de Kenshin le vagabond] Mais plusieurs types de questions arrivent dans les SBS. Il y en a auxquelles je ne peux répondre et d’autres auxquelles je ne ferais mieux de ne pas y répondre. (rires)

Kimura : C’est vrai. Je veux dire, Odacchi, vous rencontrer comme ça, les lecteurs voudraient peut-être que je me plonge dans des questions qui tournent plus autour de l’histoire, mais je ne joue pas avec ces règles. Vous êtes la racine de One Piece, Odacchi. Si j’en parlais avec d’autres amis ça m’irait, mais questionner la ‘source’ des choses qui me rendent curieux, c’est comme un scientifique qui regarde à travers un microscope. Ça deviendrait scientifique. Ça ne serait plus une fantaisie.

Oda : Wow, j’apprécie vraiment. Tout ce que vous me dites aujourd’hui est merveilleux à entendre. (rires) Au fait Kimura-san, on vous demande souvent quel est votre personnage préféré ?

Kimura : Tout le temps. On me demande aussi quelle est ma réplique préférée.

Oda : Et quelle est-elle ?

Kimura : J’en aime un paquet mais une qui me motive en particulier est, « Vous voyez, c’est incassable. » (vol. 17 ch. 148) Comme un homme qui me survolte.

Oda : Ce sont des mots qui présentent Luffy d’une façon franche.

Kimura : Si je dis lequel des personnages j’aime le plus, j’aurais à porter ce fardeau avec moi. Mais disons juste que j’ai fait du kendo pendant de nombreuses années quand j’étais gosse, j’ai donc un coup de cœur pour une certaine personne. (rires)

Oda : Je vois ce que vous voulez dire. (rire)

Kimura : Pour la plupart, je vois les personnages du même sexe que moi d’une façon à peu près égale. Cependant ce n’est pas le cas des personnages de l’autre sexe.

Oda : Alors vous avez un faible pour une certaine personne hein.

Kimura : Ouais. Il y a une personne qui me tient fort à cœur. (rires)

Oda : Kimura-san, voici un cadeau pour vous.


Kimura : J’y crois pas, qu’est-ce que c’est ?

Oda : J’ai tenté le coup de vous dessiner Kimura-san.

Kimura : Woooah, génial. C’est super génial. C’est Luffy là n’est-ce pas. Et là c’est Shanks, c’est moi pas vrai ? Mais il n’a pas de cicatrice sur son œil et il a aussi son bras.

Oda : Quand je l’ai dessiné je ne savais pas quel était votre personnage préféré, et j’avais peur d’en choisir un, donc pour finir j’ai choisi Shanks. Ça vous plait ?

Kimura : Je suis trop content. C’est en fait une grosse coïncidence car il y a ce vieux de la vieille qui est l’un de mes supérieurs préférés au boulot. Son nom est Sanma Akashiya. [un comédien japonais extrêmement connu. Kimura en parle d’une façon drôle]

Oda : Ouais d’accord, Sanma-san. (rires)

Kimura : Par je ne sais quel moyen, Sanma-san a appris pour One Piece et m’a dit, « Je vais vous rattraper, tenez bon. » Alors plus tard lorsqu’on en était au même point, on s’est retrouvé être pris dans une conversation sur One Piece. Alors cette fois-là je lui ai dit, « Vous n’avez pas de moustache mais vous êtes comme Barbe Blanche avec de grosses dents. » [Sanma est connu pour ses dents proéminentes] Car dans le monde des comédiens, il ne fuit devant rien. Donc c’est comme s’il avait une ‘Barbe Blanche de dents’ sans la moindre cicatrice sur son dos et quand je lui ai écrit ça il m’a répondu, « Je crois que ça fait de vous Shanks avec un bras. C’est un message que je n’effacerai jamais. (rires)

Oda : Wow, vraiment. Je crois que c’est bon alors.

Kimura : Oh c’est parfait ! Je suis vraiment content. Merci beaucoup.

Spoiler:
Moi aussi je veux parler One Piece avait mon boss tete il a trop de chance.
La partie sur les SBS est intéressante quoique q'un peu mystèrieuse fume


Pas de double post donc je fusionne. Smile

Aujourd'hui 10/03/2013 à 4:16

Bon comme j'en suis a poster des morceaux de pages du magasine OP, et que ca fait longtemps que j'ai plus posté d'interview. Je poste ici les interviev du maitre qu'il a fait dans ce journal pour la médiatisation lors de la sortie du film Z. Je rappel que ce magazine n'est pas écrit par Oda. Que c'est un journal crée par une société privée. Mais tout n'est pas à jeter. Il y a effectivement des dessin d'Oda et 4 interviews. La première, juste en dessous, je l'avais déja posté dans un post au dessus (l'interview de 22 novembre 2012). Je la remet ici, avec les images. Et je mets les trois autres interviews du magasine. Razz

Première interview:

Page 1


Page 2 et 3


- Comment s’est passée la préparation de « One Piece film Z » ?
- Très bien ! Étant moi-même un grand amateur de l’anime, je sais pertinemment que même si je peux tout voir jusqu’au storyboard, en définitive, l’image ne sera jamais parfaite. Mais là, j’étais plutôt genre « ouah ! c’est devenu ça ? », bref, je peux dire un grand merci à Tatsuya Nagamine. (NDT : le réalisateur)
- Le résultat vous a plutôt convaincu du coup ?
- Oui, vraiment.
- Il paraît que vous avez pleuré pendant l’avant-première.
- On ne peut que pleurer devant ça ! (rires) La chanson d’ouverture, « kaidou (NDT : la route de la mer)» est vraiment bien. La première fois que je l’ai écoutée, je me suis toute de suite dit « elle est trop bien », « elle va en faire pleurer plus d’un ». Les paroles ont été écrites par le scénariste Osamu Suzuki et la musique est de Tanaka Kôhei. Du coup la chanson colle parfaitement à l’histoire… et c’est génial.
- Vous aviez pu voir les paroles ?
- Oui, ils m’ont laissé les superviser.
- Le chant de la marine… On peut dire que c’est un chant de guerre, non ? Il n’y en avait jamais eu avant, n’est-ce pas ?
- Je ne crois pas… La marine n’avait pas de chanson dans le passé.
- Est-ce que pour le prochain, le film se mélangera à l’œuvre originale ?
- Hum, ce n’est pas prévu, non. Dans ce film, je ne pouvais pas dessiner depuis l’œuvre originale, il devait être tel quel. Pour la mise en scène, quand les animateurs en avaient besoin, ça ne me dérangeait pas qu’ils utilisent des parties du manga. Il n’y a donc pas eu de problèmes de ce côté.
- Quelles sont vos impressions sur ces trois années de mise en œuvre pour réaliser ce film ?
- Je suis vraiment… fatigué ! Mais vraiment. Nous sommes tant bien que mal parvenus à le terminer et j’ai plutôt l’impression qu’on m’a vidé de toute substance vitale (éclat de rire) !
- Lorsque l’on vous a vu entrer dans la salle pour l’avant-première, vous aviez la tête basse et sembliez vraiment fatigué…
- Non, en fait je stressais… Je me demandais ce que ça allait donner, j’étais vraiment nerveux. Non, vraiment, je ne suis pas habitué à laisser les gens s’occuper de tout ! Pour le manga, je fais et refais tout moi-même jusqu’à ce que ça me plaise. Ça ne va pas toujours comme je veux, mais, là c’était pour un film ! Ce monde n’est pas fait pour moi (rires) ! C’est beaucoup de responsabilités que de donner des directives aux gens. Mais au final, le résultat dépend de leur travail. J’ai fait ce que je pouvais faire, du coup j’ai dû laisser des projets et des tâches à d’autres. C’est pourquoi, le jour où je voyais enfin le résultat de tout ça, oui, j’étais très nerveux.
- C’était un peu comme ouvrir un kinder surprise, pas vrai ?
- Oui, c’est ça (rires).
- Le doubleur de Sanji, Hirata Hiroaki, avait dit après la sortie de « Strong World » qu’il ne ferait plus les films de One Piece, or on le retrouve quand même dans cet opus, pensez-vous que c’est le charme du film qui l’a fait changer d’avis ?
- Le charme, entre autres oui (rire). Vous savez, moi je veux juste dessiner mon manga… vraiment !
- Tout comme votre implication dans « Strong World », l’univers dans lequel se passe le film est assez proche du manga original, beaucoup de personnes disent que ça a fait monter le prestige de la série encore un cran au-dessus.
- Je pensais que si je m’impliquais un peu, le film ne serait pas bien, puis je me suis fait happer par l’équipe et personne ne m’a fait de remarques ou de reproches. Bref, quand je pense que ça va mal se passer, ça se passe bien !
J’ai aussi compris que si on laissait passer des choses, ça se passait mieux, les commérages ou les ordres un peu brusques par exemple. Mais c’est aussi avec ce rôle de donneur d’ordre qu’on peut remettre quelqu’un à sa place. Je préfère suggérer à ce genre de personne qu’il peut faire quelque chose de bien s’il s’en donne la peine en lui expliquant le processus de création d’un film, pour qu’il trouve sa voie aussi. C’est ce que j’ai toujours fait, même si je n’ai pas rencontré beaucoup de gens imbus de leur personne, et heureusement…
- Quand vous étiez sur « Strong World », pour la première intrigue, c’est vous qui aviez dessiné les animaux, et finalement il a été décidé qu’on garderait vos croquis.
- Ça, c’est parce que je ne m’arrête jamais, même pour moi (rire). L’un de mes grands principes est l’atteinte de la perfection, donc une fois que j’en avais commencé un… enfin… ce n’est pas que je n’ai pas confiance envers les autres, c’est juste que je veux tout faire moi-même. C’est pour moi ce qu’il y a de plus intéressant. Alors c’est ce que je fais.

Page 4




- Pour ce nouveau film, vous avez laissé la main à Suzuki Osamu pour le scénario. Est-ce que cela a changé quelque chose par rapport à votre implication ?
- Cette fois, je n’avais pas décidé dès le départ que je m’impliquerais, ça s’est fait comme ça. Nous avions échangé des scénarios, mais ce n’était pas prémédité. Nous avons juste fait ce que nous pouvions de notre côté. Nous nous disions souvent « Bien, que peut-on faire à partir de là » et il y avait aussi beaucoup de choses que nous n’avions pas besoin de changer. En définitive, j’avais mon mot à dire pour protéger mon travail à l’étape du story-board et ça fonctionnait très bien. Même s’il y avait eu une personne pour dire quelque chose sur la mise en scène, le scénariste peut la modifier au dernier moment. Donc sans voir les derniers story-boards, je savais que tout se passerait bien et que je n’aurais pas de mauvaise surprise sur les répliques ou autre. Si je touchais au script, le scénariste pouvait tout changer derrière, c’est pourquoi j’ai demandé à ce que mes changements soient pris en compte en fonction des siens. C’est pour ça qu’on m’a appelé le « producteur général »… Oui… enfin pas trop quand même. On m’a même présenté comme « le producteur général Eiichiro Oda » pendant un événement. Il y a eu de grands cris de joie qui m’ont fait reculer d’un coup (rires). Je me suis dit « Attendez un peu… Ça n’a rien à voir avec la production de 2009 pourtant ! ». Je n’oublierai jamais la peur que m’ont fait ces grands cris. On attend beaucoup de moi, pas vrai ? Donc je dois être encore plus ardu à la tâche !
- Suzuki Osamu avait proposé le titre « neo kaigun (NDT : néomarine) », qu’en avez-vous pensé ?
- Huum… Quand j’y repense maintenant, je le trouve drôle. Mais ce n’était pas clair dès le départ et comme je n’avais pas mon mot à dire, je n’allais pas enlever les trucs drôles, on avait l’impression que Suzuki Osamu disait des bêtises, mais, on touchait vraiment à l’image du film. Et « Z » restait la meilleure solution sans aucun doute. Mais c’était limite quand même… Si on s’était trop écarté, cela aurait posé des problèmes avec le manga original (rires). Mais il y a plein de choses cachées dans l’ombre. En réalité, Suzuki m’a dit être un grand fan et du coup … je ne pouvais pas m’empêcher de lui dire ce que je voulais faire. Je n’arrêtais pas de penser « laisse-moi faire ça !! ». On échangeait nos idées et souvent il terminait par un « mais oui ! je n’y avais pas vraiment réfléchi en fait… » (rires).
- J’ai entendu dire que vous aviez parlé avec Suzuki Osamu des futurs plans de la marine.
- C’est vrai. Quand on parlait tous les deux, je ne lui disais pas que dans le manga, Aokiji se battait avec Akainu par exemple, alors quand je le lui disais après, il s’écriait « ah bon ? c’est vrai ? » et c’est comme ça qu’on parlait de la série.
- Quoiqu’il en soit, la réputation du manga original est sauve, c’est pour ça que vous vous êtes permis de le mélanger à Z pour le rendre plus intéressant.
- Je voulais d’abord faire ce que Suzuki voulait faire, c’était la ligne de conduite du projet. Je n’y ai pas plus réfléchi honnêtement. Si c’est encore plus drôle et intéressant, c’est encore mieux alors.
- Vous aviez dit vouloir définir les caractères de la bande de chapeau de paille de la même façon que dans le manga, c’est vrai ?
- Cette proposition est aussi venue de la façon de faire de Suzuki, mais aussi de la façon dont est composé One Piece. Des choses comme « Luffy ne s’énerverait pas autant », ou « il ferait plutôt comme ça à ce moment-là », etc. Je me dis que peu importe combien on aime ce qu’on fait, il arrive souvent que cela gêne pas mal de personne que les personnalités changent d’un coup. Alors j’ai quand même dû dire que Luffy répondait de telle ou telle façon. On me répondait « Si c’est comme ça, eh bien c’est comme ça. » et c’est comme ça que tout s’est bien passé.

Deuxième interview:

Page 1


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- Vous avez souvent dit « les personnages évoluent, et je ne peux m’y opposer ». Comment évoluent-ils pour vous exactement ? Que comptez-vous raconter à présent ?
- Ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu prévoir depuis le début, cela fait 15 ans que la série a commencé et donc 15 ans que plein de nouveaux Luffy sont apparus, à partir de ce moment-là, il n’était pas question de faire demi-tour, Luffy faisait telle ou telle chose à tel moment, c’est normal qu’il ait eu plein de comportements différents, non ? Je ne pouvais pas m’éloigner de cette ligne de conduite.
Mais à l’inverse, le plus difficile c’est de ne pas forcer le changement. Et je suis sûr qu’il y a des lecteurs qui comprennent cette ligne de conduite. Quand je fais de nouvelles histoires, je me demande si cette réplique ressemble bien à Luffy ou non… Et si je pense bien à ne pas m’éloigner de ça, alors il évolue tout seul. En somme, j’aimerais qu’il évolue de cette manière, mais si je pense que ce n’est pas quelque chose qu’il ferait, je me retrouve à ne pas suivre mes propres paroles initiales. Et même quand je n’y pense pas, je me retrouve dans cette situation… Si un bonbon tombait du ciel, je me demanderais ce qu’il ferait et là je me dis tout de suite « Luffy le mangerait, forcément ! », je le sais immédiatement. Et pour tout vous dire, les lecteurs aussi le savent. Donc quand j’écris des bêtises, les lecteurs me le font tout de suite remarquer.

- Le scénariste Osamu Suzuki est lui aussi un grand fan, il a donc fait ressortir de son scénario un Luffy qui avait évolué du point de vue du lecteur, non ?
- Bien sûr ! J’ai trouvé que la façon d’évoluer de Luffy était géniale dès le début du film. Essentiellement grâce au scénariste.

- Pourtant, il y a des choses qui vous ont dérangé ?
- Eh bien… Surtout au niveau des répliques, je dirais. Les particularités de langage en fin de répliques étaient différentes. Luffy finissait ses phrases par « -daze » et je me disais « tiens, Luffy n’aurait pas dit « -ze » ici pour moi », ce sont ces phrases qui me raidissaient le plus. En bref, il est possible que les personnes regardant le film trouvent une certaine discordance dans le caractère de Luffy.

- Et c’est pareil pour tous les personnages ?
- Oui. Parce que si on ne montrait pas une certaine continuité, je ne pouvais pas défendre mes personnages.

- Quand on lit le manga original, à la fin de plusieurs scènes, on ressent bien que les personnages n’ayant pas de répliques s’affirment quand même.
- Oui, ils ont fait ça dans mon dos. Cette fois, je ne donnais pas d’instructions donc ils ont fait ce genre de scène et au final ça rend bien, on comprend le personnage et il nous touche même. Nagamine (le réalisateur) s’en est vraiment bien sorti !

- Il paraît que le réalisateur, Nagamine, et le producteur, Shibata, n’ont pas pu s’empêcher de s’impliquer dans l’évolution et les faits et gestes des personnages.
- Évidemment, même Toei fera toujours tout pour protéger Luffy, cela fait 13 ans qu’ils s’occupent de l’anime.

- Quelle est la grande scène du film, pour vous ?
- La grande scène… J’ai envie de dire celle qui est la plus indécente… C’était vraiment érotique, non ? (rires)

- C’est vrai que je ne pensais pas que Robin pouvait être aussi sexy. Elle paraît plus sage dans le manga.
- Je pense que c’est un fantasme du responsable animation, Sato (rires). C’était quoi la question déjà ? Non la grande scène du film reste celle où se passe toute l’action. J’ai été vraiment surpris ! Elle était géniale. Elle nous plonge vraiment dedans. Il y a eu d’énormes progrès au niveau des CG (NDT : computer graphic). Je ne pensais pas qu’on pouvait faire de telle scène d’action.

Bonus : questions de l’équipage à ODA:

Sanji : qu’est-ce qui te rend le plus heureux en tant que mangaka ?
Oda : ah… euh… Rencontrer les gens que j’admire, comme Akira Toriyama.

Luffy : Ton pire souvenir ?
Oda : J’en ai bien sûr… mais je crois qu’il est tellement horrible que je ne peux pas le raconter (rires). Que faire…

Franky : Des moments difficiles ?
Oda : Quand je n’arrive pas à trouver un truc drôle.

Chopper : Tu te lèves à quelle heure et tu arrêtes de travailler à quelle heure ?
Oda : La matin, hein… je me lève à 5 heures du matin et je travaille jusqu’à 2h du matin. Forcément je dors de 2h à 5h très facilement.
Zoro : Tu ne dors que trois heures ? Moi j’aime trop dormir pour ça.

Usopp : Un truc que tu n’oublies pas sur ton lieu de travail ?
Oda : Le café. Ma marque préférée est « blue montain ».

Robin : Si tu devais résumer le travail de mangaka en un mot ?
Oda : euh… euh… c’est un travail marrant ! (rires)

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- Les films récents s’appuient beaucoup sur le progrès des techniques d’animation, certaines scènes d’action sont parfois trop rapides et on ne voit pas tout, c’est vrai ?
- Oui, c’est vrai.

- Et en même temps, on peut très bien voir certaines scènes, comme l’attaque de sanji « Sky Walk ».
- On peut les voir, oui ! (rires) Moi aussi, je pense la même chose. C’est assez fou. Même Nagamine me disait tout le temps qu’il voulait écrire de l’action, et je crois qu’il le voulait vraiment, et en regardant l’avant-première, j’ai compris, en voyant l’homogénéité du film, que les indications qu’il pouvait donner étaient vraiment minutieuses. Il voit très bien ce que ça va rendre en film, et ça reproduit loyalement ce qu’avait dessiné Satô… Ils forment vraiment un bon duo tous les deux !

- Vous voulez dire que si ça n’avait pas été ce duo, vous n’auriez pas pu dessiner ces scènes d’action ?
- Je ne pense pas, non. Pour avoir ces deux-là, il a fallu faire des sacrifices, pour vous dire à quel point je les voulais dans l’équipe.

- La scène où Luffy et Z se rencontrent de façon musclée, je pense que c’était l’emblème de l’action de ce film.
- C’était ce que voulait absolument faire Nagamine, il a appelé ça « la baston des durs » (rires). Depuis le début, il n’arrêtait pas de nous crier « je veux une baston des durs !! ». Les gens de Toei avaient déjà travaillé sur « Pretty Cure » (NDT : anime de magical girl) et j’étais intéressé de savoir quel genre de scène d’action ils allaient faire, mais au final ça a vraiment été super bien fait.

- Luffy était de plus en plus un personnage bourrin, mais récemment il devient un personnage plein d’entrain et de courage.
- Je suis content que le timing de la sortie du film colle avec ce changement dans le personnage. Ça explique vraiment le sens d’entrain et de courage qu’on a voulu lui donner, c’est un peu ce que voulait dire « baston des durs » et j’en suis vraiment content. C’est le symbole qui passe quand ses mains deviennent noires, mais qui (par le courage) deviennent plus durs. C’est aussi pour ça que Z se fait appeler « kokuwan no zefaa » (NDT : Le zéphyr aux bras noirs). Z a toujours utilisé son ardeur et son courage, il est vraiment fort c’est pourquoi ce surnom lui va très bien.

- Luffy et Z ont tous les deux les bras teintés de noirs, mais du coup, ils ne peuvent pas se vaincre par la force du courage.
- Tout à fait ! Les hommes doivent se surpasser ! (rires) On veut voir des hommes, des vrais. Sinon même les collégiens ne viendront pas voir le film au cinéma. J’aimerais que tout le monde vienne, même les personnes âgées… Tous les hommes du monde aussi !

- Le caractère d’homme dont vous parlez, vous ne l’écrivez plus avec le caractère traditionnel de « garçon », mais celui plus traditionnel de « l’homme honorable »… c’est une façon de durcir vos traits.
- Ah ha ha ! C’est ça qui est bien, des hommes qui admirent d’autres hommes, les femmes en tombent tout de suite amoureuses. Bref, venez tous voir le film ! (rires)

- Qu’est-ce que vous voulez faire passer dans ce film ?
- Hum… des principes. Au début, Suzuki m’a demandé « qu’est-ce que tu voudrais écrire ? » et je lui ai répondu « un clash de principes ».

Bonus : questions de l’équipage à ODA

Nami : Ce que tu préfères manger mon petit Oda ?
Oda : la viande. Comme Luffy. J’adore le bœuf. J’aime bien la viande tendre sous la dent. Par contre je n’aime pas les viandes chères et pleines d’huile.
Luffy : Je savais que c’était la viande !!

Zoro : Tu prends des vacances des fois ? Si oui, tu fais quoi de ton temps ?
Oda : je n’en ai pas non. Si j’en avais, je ferrais un voyage en famille. Peu importe où, mais je veux être dehors. Parce que je ne peux pas sortir.
Chopper : moi je veux aller dans un parc d’attractions.

Brook : Tu veux bien me montrer ton caleçon ? Euh pardon… qu’est-ce que tu voudrais le plus en ce moment ?
Oda : ce que je voudrais… ce que je voudrais… rien en particulier, si ce n’est des idées drôles.

Troisième interview:

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- Dans une interview au moment de la sortie officielle de « Strong World » en 2009, vous aviez dit que vous considériez l’animé comme un rival.
- Noboru Koizumi, le character-designer dessine un Chopper super adorable. C’est la doubleuse Ikue Ôtani qui interprète le personnage. Il est à croquer, non ? On a commencé à me dire que l’animé était plus mignon que l’œuvre originale. Ça m’a embêté !! J’ai horreur des mascottes, alors j’essaye de limiter cet effet ! Mais l’animé ayant déjà pris ce cap, je me suis dit que je n’avais pas le choix, et j’ai levé l’embargo des mascottes ! J’ai fait en sorte de rendre le dessin de plus en plus mignon. Je déteste ça, moi, les personnages qui flattent les lecteurs. Mais bon, finalement, il n’était pas question de s’orienter vers un style « petites histoires de Chopper » ou encore vers un Zorro qui fait rêver, donc ça ne m’a pas dérangé de fléchir un petit peu.
- À présent, vous avez toujours le sentiment que l’animé est votre rival ?
- Oui. C’est le cas, mais c’est également un solide allié dans de nombreuses situations. Par rapport au manga d’origine, l’animé permet d’éclairer des points qui n’avaient pas été suffisamment traités, de montrer les choses de façon plus simple… D’un côté, je me dis que c’est une bonne chose, mais de l’autre, ça me fait aussi mal au cœur. Mais au final, l’animé qui parvient à faire ce que moi, je n’avais pas réussi à faire, constitue une grande stimulation pour m’améliorer.
- Mayumi Tanaka, qui interprète le rôle de Luffy a dit : « Oda dessine certainement en s’inspirant de nos voix. »
Ha ha ha ha… Bien sûr, évidemment ! (rires) C’est vrai. Quand je dessine Luffy, je n’entends que la voix de Mayumi. C’est exactement ça. Je ne sais pas pourquoi, mais ils sont vraiment comme les personnages. Je ne sais pas s’il y eut un phénomène d’adaptation d’un côté ou de l’autre ou bien si c’est un hasard complet, mais les doubleurs et leurs personnages ne font qu’un. Mayumi ressemble vraiment à Luffy. Et Hiroaki Hirata ressemble vraiment à Sanji. Il a aussi la classe même quand il se tait ! Et ce n’est qu’un exemple. Kazuya Nakai est également de plus en plus doué comme Zoro… Les doubleurs et les personnages se confondent parfaitement. (rires)
- Hirata nous a demandé de vous confier son souhait que Sanji redevienne aussi classe qu’autrefois.
- Dans, ce cas, il va falloir qu’il change, lui aussi. (rires)
- Selon lui, le point fort de Sanji était de partir d’une blague pour devenir sérieux tandis que dorénavant, c’était plus souvent l’inverse. Qu’en pensez-vous ?
- Je viens de dire qu’il fallait qu’il change ! (rires) Ah là là, c’est un personnage très apprécié, ce Sanji, hein… Bon, je vais voir ce que je peux faire, dans le manga. (rires)
- Cette année, ça fera 15 ans que One Piece existe. Le film et l’exposition se sont succédés cette année, pouvez-vous nous récapituler tout ça ?
- Pfiuuh… Tout est allé si vite. J’ai l’impression que les fêtes de fin d’année 2011 viennent à peine de passer. C’est comme si une année s’était écoulée en un instant. C’était à la fois super riche, mais j’ai le sentiment de ne me souvenir de rien. Oui, je serais incapable de dire exactement ce qu’il s’est passé mois par mois.
- L’exposition a attiré des foules de fans, qui ont été émus jusqu’aux larmes de pouvoir profiter des planches originales du manga, c’était très impressionnant.
- Vraiment ? Ça me donne envie de pleurer à mon tour…
- En voyant toutes vos planches exposées, certains nous ont confié leur envie de devenir mangaka de shônen. Comment expliquez-vous un tel engouement ?
- Pour moi qui ai toujours visé les parutions dans les magazines de shônen, ça me semble une évidence. Je sais que de nombreux adultes me lisent, mais si on ne cible son dessin que pour un public adulte, on exclut d’emblée les enfants. J’ai toujours eu conscience que lorsque les lecteurs adultes finissent par se lasser, le lectorat enfantin reprend toujours le flambeau, c’est cyclique. Si je ne m’étais adressé qu’aux adultes, je n’aurais fait que me fermer des portes. Pour viser la durée, il faut toujours s’adresser à la jeunesse. C’est ça, mon boulot.
- Qu’est-ce qui vous fascine dans le shônen-manga ?
- C’est cette excitation que je ressentais en étant enfant, le fait d’attendre impatiemment la sortie du Shônen Jump, chaque semaine. De l’acheter et d’avoir tellement hâte de le lire que je le terminais déjà avant d’arriver à la maison. Enfin ça… ça n’a pas tellement changé… Ça n’a pas de prix de faire un métier comme celui-ci où l’on peut divertir les gens. Le plus important pour moi, c’est que les enfants puissent se trouver des amis grâce à moi. C’est pour ça que je souhaite être lu par le plus grand nombre de personnes possible. Afin de relier tous les enfants. C’est ça la vraie force du Shônen Jump ! Quand je pense au nombre d’amitiés qui ont pu naître grâce à ça, je me dis qu’il joue un rôle véritablement important pour les relations sociales des enfants. C’est pour cela que les thèmes des œuvres ne sont pas engagés, mais rassemblent les enfants autour de joies communes. Et vendre un magazine qui porte cette ferveur collective, c’est inestimable.
- Que vous êtes-vous imposé afin de poursuivre votre carrière le plus longtemps possible ?
- De toujours m’adresser aux enfants. On m’a dit de m’adresser davantage aux adultes, de proposer des histoires d’amour pour le public féminin, mais ça ne serait plus du shônen. N’écouter que les opinions des jeunes sans avoir besoin de suivre les autres échos. De toute façon à partir du moment où on fait plaisir aux jeunes, on renonce à faire plaisir aux vieux. (rires)

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- Pourquoi êtes-vous devenu mangaka ?
- Mwouahah (rires). Pour commencer, j’aime dessiner. Ensuite, j’admirais les adultes qui savent dessiner, tout comme j’admirais les adultes qui dessinent des supers mangas, je me suis donc tourné vers le « jump » qui possède des lecteurs dans tout le pays, et puis j’admire un certain Akira Toriyama, alors je me suis dit, pourquoi pas moi ? Tout simplement, je pense que j’étais un gamin avec ce genre de tempérament. Les enfants aussi ont leur caractère, quand ils voient un spectacle de magie il y’en a qui pensent « Ouah ! Trop bien ! », pendant que d’autres penseront « Moi aussi je veux le faire ! ». Moi j’étais dans la deuxième catégorie.
- Ne faut-il pas un talent, ou au moins une certaine capacité à savoir dessiner, quand même ? Parce que ceux qui ne sont pas doués n’y arriveront pas.
- Les gens pas doués, ça n’existe pas. Si on a vraiment envie de dessiner, ça donnera forcément quelque chose. Même quelqu’un de nul en dessin, s’il s’entraine pendant un mois sérieusement, il deviendra de plus en plus doué. Vous savez… Je dis ça, mais ça dépend vraiment de la passion qu’on porte en soi. Les enfants qui veulent vraiment y arriver, ils y arriveront.
- Vous disiez vouloir devenir Akira Toriyama, vous l’êtes plus ou moins devenu, non ?
- Jamais de la vie (rires) ! Je me trouve déjà chanceux de vivre à la même époque que lui !
- À quel moment vous vous êtes dit que vous alliez devenir mangaka professionnel ?
- Je ne saurais pas trop le dire, je dis que je veux faire ça depuis que j’ai 4 ans. Depuis le moment où j’ai su que mangaka était un métier. Ça m’avait d’ailleurs surpris ça, des adultes qui s’amusent. Parce que quand on est enfant, dessiner c’est juste pour s’amuser, pas vrai ? Chez moi, mes parents partaient tous les matins dans leur entreprise, ils y travaillaient et rentraient. Alors quand j’ai su que des adultes étaient mangakas et restaient tout le temps chez eux… comment faire pour ne pas vouloir devenir ça ? (rires) Le hasard, c’est quelque chose qu’on ne peut faire plier, si ?
- Mais la réalité était plus dure que ça, n’est-ce pas ?
- Oui, mais j’aime mon travail donc ça va ! (rires)
- Pourquoi avoir dessiné sur le thème des pirates ?
- C’était une autre passion de mon enfance, c’était quand je regardais « Vic le Viking »* que j’ai appris que les pirates existaient. J’ai toujours eu l’impression que partir en mer, ça avait l’air marrant. Je n’ai aucun mauvais souvenir de la mer. Comme j’ai été élevé à la montagne à capturer des scarabées, j’étais plein d’espoir et de rêves quand on me parlait de la mer. J’étais persuadé qu’il y avait encore des pirates ! Sûrement parce que je les adorais quand j’étais petit. Alors que c’est du passé, pas vrai ? Ils appartenaient à l’Histoire, ce n’était pas des extra-terrestres. Je crois que ce qui me plaisait le plus c’était qu’ils ne gagnaient pas à chaque fois. C’est bizarre qu’il n’y en ait pas eu avant dans le « jump » des histoires de pirates. Parce que les pirates ne tiennent pas en place comme l’énonce le titre du magazine. J’étais obligé d’en dessiner, du coup ! (rires) C’est à cause de cet étrange magazine que j’ai voulu tenté ma chance…
- Vous aimez beaucoup les films, à commencer par le traditionnel « Jirochô Sangokushi » ou encore « Ninkyo ». Quelles ont été vos influences ?
J’adore les films. J’aimerais en voir plus. Et je pense avoir été énormément influencé. Tellement que je n’ose même pas compter les références que j’ai faites, je ne saurais pas dire lesquelles ni où elles sont. Par exemple, j’ai beaucoup dessiné sur la loyauté tirée de « Ninkyo ». Je pense que je n’en étais même pas conscient physiquement ou moralement. Je ne dis pas que certaines de mes répliques me vienne de ces influences, mais, ce genre de sentiment me touche tellement, que je me voyais mal ne pas les intégrer.

* NDT : Série télévisée d’animation en co-production autrichienne-allemande-japonaise en 78 épisodes de 22 minutes, créée par Runer Jonsson et produite par les studios Nippon Animation, Taurus et Zuiyô Eizô entre le 3 avril 1974 et le 24 septembre 1975 sur Fuji Television.

Quatrième interview:

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- Voici quelques images de votre lieu de travail, pouvez-vous un peu nous expliquer ?
- Oh la la ! C’est le bordel !
- Il y a beaucoup de figurines, vous les utilisez pour quelque chose ou c’est pour décorer ?
- Euh… non, c’est juste pour décorer. D’habitude il n’y a que le bureau qui est éclairé. Tout le reste est dans le noir, on n’y voit rien du tout ! J’en avais même oublié qu’il y avait des figurines en fait ! J’ai beaucoup de mal à me concentrer, si je vois quelque chose qui m’intéresse, je vais vouloir le toucher. Alors je ferme aussi les rideaux et c’est le noir complet. Honnêtement, je crois que j’ai réussi à créer une pièce où l’on ne sait même plus s’il fait jour ou nuit. Là, vous avez même ma boîte de mouchoirs en forme de Lego. J’aime aussi boire du café et du Coca sur mon lieu de travail.
- Vous aimez le Coca ? On dirait Franky. Est-ce que c’est parce que vous aimez ça que ça apparaît dans le manga ?
- Tout à fait ! Ce que je n’aime pas n’apparaît pas souvent…
- On ne voit pas beaucoup de trucs utiles, vous ne trouvez pas ?
- Non, mais c’est drôle à regarder, non ? Tout est entouré de choses que j’aime, les figurines d’animaux et autre…
- Vous avez l’air de beaucoup aimer les animaux. Il paraît que vous avez même une peluche grandeur nature d’une girafe dans votre atelier ?
- J’adore dessiner les animaux. Mais je n’aime pas m’en occuper. Ma girafe est une peluche, ça me plait qu’elle ne bouge pas, et j’aime ne pas avoir à lui donner à manger. Je ne suis pas vraiment du genre… à m’occuper des autres (rires).

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- Votre plus grand trésor enfoui ici, c’est… ?
- Un trésor… Je ne suis pas vraiment du genre matérialiste. Si un jour, tout venait à brûler, ça ne m’embêterait pas plus que ça… Je crois que je m’enfuirai avec mes croquis, c’est tout (rires) ! Mais sinon, non, je n’ai pas d’objet fétiche, pas de trésor.
- Il y a beaucoup de marques sur votre bureau, on se croirait au lendemain d’une grande guerre.
- Ce sont des essais de dessin.
- Pendant que nous avions une longue discussion avec vos éditeurs, on entendait en bruit de fond des « pchh pchh pchh », des « tactactactac » et des « shuu shuu shuu », qu’est-ce que vous étiez en train de faire ?
- Ce sont les bruits de mon crayon. C’est inconscient, pardon… Par habitude je fais ce genre de bruit et le crayon n’arrête pas d’en faire. Quand vous aviez eu cette discussion, j’ai eu un gros problème. Je devais tenir mon téléphone d’une main et dessiner de l’autre. Avant j’allais rencontrer mon éditeur directement, mais j’oubliais de rentrer chez moi. J’aimais bien y aller, mais depuis que je suis marié, je veux passer plus de temps à la maison, mais j’avais l’impression que même en étant à la maison avec la famille je ne les verrais pas. Au final, je mets un peu de côté ma famille, mais je pense à prendre un peu de temps pour les appeler, bien que mon voisin me surveille quand je reste trop longtemps au téléphone (rires) ! Comme je sais que je suis surveillé quand je téléphone, je laisse des blancs. Vraiment, pour moi le téléphone signifie être surveillé… Je me rends compte que j’ai vraiment de plus en plus de mal à me concentrer par rapport à avant, donc c’est plus moi qui devrais me forcer à mieux surveiller (rires) ! Quand j’ai de longues conversations, c’est plutôt genre, pas très intéressant ou en lien avec une grande réunion. Mais il y a aussi beaucoup de papotage (rires) ! On se dit des phrases comme « allez, raconte-moi un truc intéressant qui s’est passé à la rédaction ! » et on me répond « ben, on a fait un voyage de cohésion… » (rires). J’aime bien les conversations rigolotes. J’aime beaucoup rire aussi… Les mangas sont faits pour rires, il est interdit aux héros de dire « bon allez, on devient sérieux maintenant ! ». Et on a pas le droit de changer cet humour du manga. On est tous libres de voir le monde comme on le veut et moi je ne veux pas lui donner un sens trop sérieux.

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- Il paraît qu’il n’y a pas de message dans votre œuvre, pourtant les mots employés par Luffy et ses compagnons sont ressentis comme un message fort, car ils nous touchent intensément au fond de nous.
- Et bien, à la base, ce n’est pas volontaire. Je pense que quand on passe un message, il naît forcément un sentiment de responsabilité. Je reçois des courriers de lecteurs qui disent avoir appris une leçon en lisant les répliques ou à travers la situation de tel personnage. La façon dont elles sont ressenties dépend de chacun, donc si je disais que telle réplique doit porter tel message, je ne pourrais certainement pas accepter ce genre de courrier. On nous dit toujours : « Il faut réagir comme ça ». Mais une réplique peut entraîner différentes réactions. Mon professeur m’a dit un jour : « Les manga sont des marchandises. Une fois distribués, ils appartiennent au lecteur ». Je pense que ce serait une erreur d’imposer par moi-même l’interprétation de leur contenu. Je n’ai donc pas voulu insérer de message, car je souhaite que mes lecteurs soient libres. En plus, je n’ai jamais été confronté à ce genre de message alors je ne sais pas bien quelles peuvent être leurs influences.
- D’où viennent les répliques percutantes, telles que le « Merci pour tout » [traduction de Glénat, Tome 8, Page 121, en VO « くそお世話になりました ! » (kusou sewa ni narimashita !)] de Sanji ?
- Elles sont simplement venues en même temps que les personnages. Sanji dit « kuso, kuso » ["m**de, fais ch**r"] depuis le début, donc je me suis longtemps torturé l’esprit pour placer ce mot dans la phrase : « くそお世話になりました » ? « お世話にくそなりました »? Lequel sonne mieux à l’oreille ? C’est comme ça que ça s’est fait. Je me suis dit que je devais placer un « kuso », sinon ce n’était pas digne de Sanji. (rires) C’est aussi simple que ça. (Ndt : Sanji est français et donc, il se doit de jurer selon l’auteur)
- Vous avez dit que peu vous importe d’arrêter de dessiner One Piece qui est votre première longue série. Qu’avez-vous voulu dire ?
C’est probablement dans le sens que c’est ma dernière longue série. Je me dis qu’une fois terminée, je n’aurais jamais la force d’en faire une autre. C’est pour ça que je pense que ce sera la dernière. Je me demande si je pourrais assumer la responsabilité de faire quelque chose d’autre dans un dernier effort. (rires)
- Imaginiez-vous que la série durerait aussi longtemps ?
Pas du tout (rires). Je pensais qu’elle se terminerait bien plus vite… Pas pour des raisons de popularité, mais parce que j’avais prévu de conclure l’histoire. Et ça, ce n’est pas une bonne chose. Dans un sens, ça porte peut-être atteinte à l’histoire d’origine. Il faut dire que lorsque j’ai démarré, je n’avais pas la moindre idée du rapport entre l’histoire qu’on raconte et le nombre d’années que ça peut prendre.
- D’après vos précédents responsables éditoriaux, la révélation du dénouement s’apparente à un vrai « rite de passage », on dirait.
- Parce que s’ils ne l’apprennent pas, on ne peut plus discuter de rien.
- D’après Teruyuki Kagawa, qui interprète le rôle de Binz [dans One Piece Film Z], l’histoire en est à peu près à la moitié.
- Je pense qu’on a déjà dépassé la moitié (rires). Oui voilà ! Parce qu’on dit que c’est la moitié depuis au moins deux ans. On doit en être à 60%.
- Il faut dire que peu à peu, les choses que vous avez envie de dessiner, les différentes îles et tout ce genre de choses se multiplient.
- Dorénavant, j’essaye au maximum de restreindre, re-restreindre et re-re-restreindre toutes ces choses et de me diriger vers une conclusion. Mais si j’épuisais trop vite toutes les îles que j’ai envie de dessiner, je ne pourrais plus finir non plus, donc il me faut rassembler ces éléments et ne garder que le meilleur. Je ne sais pas encore si j’y arriverai, c’est ma problématique actuelle
- Lorsque One Piece sera terminé, est-ce qu’il y a des choses que vous avez envie de faire ?
- Je voudrais voyager.
- Il n’y a pas d’autre projet sur lequel vous auriez envie de travailler ?
- J’aurai certainement des idées lorsque ça s’arrêtera, mais comme ce n’est pas encore le cas, pour le moment, je n’en sais rien.
- Qu’est-ce que vous pensez du magazine hebdomadaire de One Piece ?
- Il est super. À ce propos, ces derniers temps, on a tendance à perdre des lecteurs à cause d’internet. Alors, prendre le risque de faire ce journal, ça me plait. Je préfère ces pirates-là (rires).
- Avez-vous un message à faire passer aux fans qui verront votre tout dernier film « One Piece Film Z » ?
- Allez voir le film, reposez-vous et détendez-vous, profitez de la vie !!
- Merci beaucoup !

Un tout grand merci au BLACK STUDIO qui ont traduit ces interviews Smile
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Und3r le Dim 10 Mar - 13:34

Merci pour les interviews Raleygh ! Smile
Je trouve que les réponses du maitre sont souvent laconiques, j'espère qu'il ne perdra pas l'envie de continuer.
Surtout quand il dit restreindre ses idées au maximum pour ne pas y passer encore 15 ans, j'espère que rien ne sera bâclé.

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Re: Interviews D'Oda.

Message par LeLivredeLaJungle le Dim 10 Mar - 15:01

Merci pour cette interview Smile
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Re: Interviews D'Oda.

Message par Master of Madness le Jeu 21 Nov - 19:57

Interview super merci !!!
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Re: Interviews D'Oda.

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